Les statistiques de l'Institut de santé publique Sciensano montrent qu'entre le 3 et le 9 septembre, pas moins de 636 cas positifs ont été dépistés en moyenne par jour, en hausse de 38% par rapport aux sept jours précédents.

Les infections augmentent à nouveau depuis une semaine et connaissent une évolution rapide. "Une accélération de ces chiffres n'est pas bon signe, alors qu'on devrait observer une stabilisation. C'est inquiétant", a mis en garde Steven Van Gucht.

Contrairement au mois de juillet, lorsque l'augmentation des cas se concentrait dans les centres-villes et leur périphérie, la résurgence du virus est désormais constatée dans toutes les provinces. "Dans certaines d'entre elles, comme en Flandre occidentale, le nombre de cas double en l'espace d'une semaine", poursuit-il.

La recrudescence des contaminations intervient sur fond de rentrée scolaire et de retours de vacances dans des zones rouges. Mais le virus continue de se transmettre au sein des familles également. C'est pourquoi le virologue rappelle l'importance des gestes barrière. "Il faut s'astreindre à une certaine discipline", a-t-il enjoint.

Selon lui, "l'heure n'est pas encore venue d'assouplir les mesures, dont certaines - comme le port du masque et le respect de la bulle sociale - devraient être reformulées".

Le nombre de décès liés au coronavirus est, lui, en baisse. "C'est une bonne nouvelle. Cela signifie que nous parvenons à protéger les groupes à risques", a ajouté Steven Van Gucht, bien qu'il n'exclue pas une évolution défavorable, comme cela s'est produit en Espagne.

Le virologue Marc Van Ranst fait la même analyse. Selon lui, dans certaines régions d'Espagne et de France, les jeunes ont transmis le virus aux aînés, faisant croître à nouveau les hospitalisations et les décès. "C'est ce que nous voulons éviter", a-t-il affirmé dimanche dans l'émission "De Zevende Dag" sur Eén.

La semaine prochaine, "les nouvelles infections pourraient frôler le millier par jour", a-t-il encore dit. Ce qui pourrait poser un problème de capacité du dispositif de traçage des contacts des malades. Pour le virologue, ce ne sont pas les mesures imposées qui sont inefficaces, mais leur mise en doute. Le port du masque, "tout le monde trouve ça gênant, mais son application fait baisser la courbe des contaminations", conclut-il.

Pendant ce temps, les expérimentations de vaccins se poursuivent. L'administrateur-général de l'Agence Fédérale des Médicaments et Produits de Santé (AFMPS), Xavier De Cuyper, s'attend à ce que la vaccination puisse commencer au mois de mars, en ciblant d'abord les groupes à risque, a-t-il expliqué sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi).