Si la deuxième vague que l'on redoutait tant est bien présente avec des chiffres inquiétants (plus de 1000 personnes sont actuellement hospitalisées), l'expert ne se démoralise pas. "Le virus ne disparaîtra pas, mais nous allons pouvoir le contrôler. L’année prochaine sera une meilleure année. Quand l’hiver sera terminé, le plus dur sera derrière nous", a-t-il déclaré.

Selon le virologue, il est tout a fait normal que la population éprouve des difficultés à vivre avec les nouvelles restrictions. "Les gens ont commencé à penser qu’ils pouvaient retourner à une vie normale. Jusqu’à maintenant. Mais les restrictions sont réapparues et c’est démotivant", explique-t-il. L'expert est tout a fait conscient qu'une période très difficile s'annonce, d'autant plus que nous sommes à l'aube de l'hiver, une période de nature plus déprimante. Mais, selon Steven Van Gucht, c'est l'incertitude qui pèse plus que tout sur le moral. "Les nouvelles mesures porteront-elles leurs fruits ? Faut-il resserrer les règles? Nos hôpitaux pourront-ils faire face à la situation? Il est frustrant, tant pour nous que pour la population, de ne pas le savoir avec certitude. Et pourtant, il faut serrer les dents."

Mais si l'expert continue à voir "de la lumière au bout du tunnel" c'est grâce à l'arrivée potentielle d'un vaccin qui pourrait tout faire basculer. "Nous pourrons mieux traiter les patients atteints du Covid et nous finirons bien par avoir un vaccin, au printemps ou pendant l’été. Peut-être qu’il sera très efficace et qu’il résoudra bon nombre de nos problèmes. Peut-être qu’il fonctionnera aussi bien qu’un vaccin contre la grippe et qu’au moins, cela permettra de réduire la pression. Un retour complet à la vie normale n’est pas garanti, mais nous pourrons bientôt compter sur de nouveaux alliés dans notre lutte contre le virus."

En attendant, Steven Van Gucht affirme que la meilleure solution pour traverser l'hiver est que tout le monde reste sur la même longueur d'onde. Et pour ce faire, il n'hésite pas à pointer du doigt le comportement de certains spécialistes. "Certains ont commencé à semer le doute, permettant à chacun de choisir sa propre vérité au fil du temps. Il y a toujours quelqu’un qui dit ce que vous voulez entendre (...) Maintenant, le débat a lieu dans les médias. Je pense que ce n'est pas une bonne chose et j’ai déjà soulevé la question avec certains collègues. C’est bien de se lancer des défis, mais nous ne devrions pas le faire dans la presse, car cela conduit à l’incertitude."

L'expert invite donc les responsables politiques à adopter une ligne de conduite très clair, qui ne laissera plus de place au doute. "Je suis soulagé que nous ayons désormais un gouvernement stable et de plein exercice. Si nous sommes unis et si nous adoptons les bons comportements, nous pourrons gérer cette épidémie. Si nous parvenons à la contrôler durant l’hiver, alors l’année prochaine sera bien meilleure. Et tout ira bien", a-t-il conclu.