A quelques heures du nouveau Comité de concertation, qui se tient ce vendredi après-midi, Steven Van Gucht est revenu sur les dernières données communiquées par Sciensano.

Les contaminations continuent d'augmenter, principalement dans la population active, tout comme les hospitalisations. Par contre, les décès ont eux tendance à baisser, principalement dans les maisons de repos. " C'est le signe que le virus circule davantage. Cela peut être dû au fait que de nouveaux variants sont apparus, mais également au fait que les mesures sont moins respectées", a expliqué Steven Van Gucht, qui remplace exceptionnellement Yves Van Laethem.

Le contact tracing et différentes enquêtes montrent que les personnes ont plus de contacts qu'il y a quelques semaines. On voit aussi que les personnes contaminées rapportent en moyenne 3,2 contacts à risque contre 2,2 en novembre, soit une augmentation de 28%. "Nous pouvons encore faire en sorte que cette tendance s'inverse et que le plateau des quatre derniers mois se poursuive. La limitation de nos contacts rapprochés est notre principale arme, nous devons tenir bon pendant quelques semaines. Le printemps amènera une amélioration", a poursuivi le virologue. Il a ensuite expliqué que si nous relâchions la pression trop vite nous risquions de voir apparaître une troisième vague. Le mois de mars ne sera donc pas marqué par beaucoup de relâchements. "Nous envisageons néanmoins un élargissement de la bulle sociale extérieure, car dans ce cas-là nous devons continuer à respecter certains gestes barrières comme le port du masque. Le risque est donc beaucoup moins grand et c'est pour cette raison que le sujet est aujourd'hui sur la table."

La semaine dernière, 2 294 nouvelles contaminations ont été rapportées en moyenne chaque jour. Soit une augmentation de 24%. Cette hausse a lieu dans toutes les provinces, mais en particulier dans celles du Luxembourg et de Namur (+39% et + 40%). La Flandre orientale compte à présent le nombre le plus élevé de nouvelles contaminations avec 386 cas par jour suivi d'Anvers et de Bruxelles. Tous les groupes d'âges sont touchés, sauf les plus de 80 ans où on observe une baisse de 2%. La plus forte augmentation est observée chez les 40-50 ans avec +34%.

Hausse des contaminations

La semaine dernière, 53% des contaminations ont été causées par le variant britannique, contre 38% la semaine précédente. Il devient donc dominant. 2,2% des contaminations sont causées par le variant sud-africain et 0,9% par le variant brésilien. 


Le virus de la grippe n'est par contre toujours quasi pas observé en Belgique, ce sera la première année sans épidémie de grippe depuis 1985 dans notre pays. Nous en sommes actuellement à 120 consultations pour des syndromes grippaux chez les médecins généralistes pour 100 000 habitants par semaine. Ce chiffre était de 52 une semaine auparavant, une baisse normale puisqu'il s'agissait de la semaine de carnaval et beaucoup moins de gens consultent durant la période des vacances. 40% des personnes ayant ces symptômes semblent être infectées par le coronavirus. "Si vous présentez des symptômes et avez un rhume, partez du principe que vous avez peut-être été contaminé et faites-vous tester", a conseillé Steve Van Gucht.

Du côté des admissions, on comptait la semaine dernière 126 nouvelles hospitalisations par jour, soit 4% de plus par rapport à la semaine précédente. En région de Bruxelles-Capitale, nous constatons toutefois une augmentation beaucoup plus forte avec +39%. Actuellement, 1 761 patients sont hospitalisés, une augmentation de 11%. 368 patients sont en soins intensifs, soit une hausse frappante de 17%. La Flandre orientale représente près d'un patient sur cinq en soins intensifs


Pour ce qui est des décès, ils continuent de diminuer systématiquement. Nous avons déploré 28 décès en moyenne par jour la semaine dernière, soit une baisse de 30% par rapport à la semaine précédente. C'est principalement dû à la diminution des décès dans les maisons de repos avec -47%.

Poursuivre les efforts

Actuellement, 443 000 Belges ont reçu une première dose du vaccin anti-Covid (dont 25% des plus de 25 ans) et 289 000 une deuxième dose. Rappelons que la protection est effective 10 jours après la deuxième dose. Ainsi, 90% des résidents de maisons de repos et 70% du personnel soignant ont déjà été vaccinés. Cette semaine, 9% des maisons de repos wallonnes ont rapporté 1 cas de Covid contre 10 la semaine dernière. Ce chiffre est de 8% en Flandre et de 11% à Bruxelles. Les foyers de contaminations importants restent rares et ne concernent qu'1% des homes en Wallonie et à Bruxelles et 3% en Flandre. 


Pour conclure Antoine Iseux, le porte-parole du Centre de crise, a demandé à la population de poursuivre ses efforts. "Nos efforts ont payé, mais nous voyons aujourd'hui le revers de la médaille car ces efforts commencent à nous peser. Ayons suffisamment d'attention pour notre propre bien-être. Des jours meilleurs nous attendent, et nous avons un allié de taille: le vaccin. Nous devons mordre sur notre chique à quelques km de la ligne d'arrivée. Relâcher maintenant reviendrait à effacer tous les efforts faits jusqu'ici. Nous devons rester solidaires et nous encourager pour garder notre avance sur le virus", a-t-il déclaré.


Au terme de cette conférence, Steven Van Gucht est revenu sur le cas du nouveau variant observé à New York. "Il est semblable au sud-africain, cela ne veut pas dire que les anticorps ne nous protègent pas, mais plutôt que nous sommes moins protégés. Le fait que cette mutation apparait un peu partout dans le monde montre qu'elle est importante et donne un avantage certain au virus. Je pense qu'à l'avenir, il serait intéressant de réaliser un monitoring des différentes mutations au lieu de se concentrer sur des régions en particulier".