Ce vendredi matin, tous les indicateurs étaient à la baisse, comme le traduisaient les données publiées par l'Institut de santé publique Sciensano. "Les chiffres sont prudemment encourageants. Ils vont dans la bonne direction. On attendait cette diminution depuis des semaines. Elle s'est enfin amorcée avec l'association de l'impact de la vaccination et grâce à vous qui faites attention à suivre les règles d'or", commente d'emblée Yves Van Laethem. "Cette synergie est indispensable encore pour un certain temps. Elle nous permet de quitter le plateau sur lequel nous sommes depuis un certains temps. Mais le virus circule encore".

"Nous sommes encore dans une phase transitoire qui va durer quelques mois. Petit à petit, il va faire meilleur et on vous proposera davantage d'activités en extérieur, là où la transmission du virus est plus safe qu'à l'intérieur. Mais il ne faut pas croire qu'on peut faire n'importe quoi tant que toute la population n'est pas vaccinée entièrement. Gardons donc le masque. Vous pourrez bientôt le retirer à l'extérieur dans un avenir plutôt proche mais c'est actuellement encore trop tôt", prévient le porte-parole interfédéral. "Si on prend un verre en terrasse, faites le préférentiellement dans votre bulle. Ce sera un grand plaisir pour nous tous mais ce sera un risque pour l'épidémie", poursuit-il.


En moyenne, 3310 personnes ont été testées positives chaque jour entre le 20 et le 26 avril, ce qui constitue une diminution de 8% par rapport à la semaine précédente. "Si tout se passe bien, on pourrait passer dans quelques jours sous la barre des 3000 contaminations quotidiennes. Cela se manifeste dans toutes les tranches d'âge sauf chez les enfants où on observe encore une augmentation de 13%. C'est très logique car, avec les retours à l'école, il y a eu un retour du testing et donc plus de tests réalisés. Globalement, les tests sont moins souvent positifs. La plupart des contaminations se retrouvent dans la population âgée d'une vingtaine d'années mais elle diminue aussi. Chez les plus de 90 ans, il n'y a plus aucune contamination ou presque. Géographiquement parlant, on constate la diminution sur tout le territoire à l'exception de la Flandre occidentale où on voit encore une augmentation de 4%", précise Yves Van Laethem ce vendredi matin.

"Le variant indien présent de façon sporadique"

Du côté des variants, le britannique est devenu la souche dominante. Il représente 81% des variants observés, contre 3 pour le variant africain. Le variant brésilien a lui augmenté, passant à 8%. Dernièrement, on a beaucoup parlé du variant indien. Il n'est identifié que de façon sporadique sur notre territoire. "Il ne va pas induire une variation dans notre politique de vaccination. Les mutations qu'il connait sont proches des variants sud-africain et brésilien. On sait désormais par une étude que le sang des personnes vaccinées devrait pouvoir inhiber ce virus. Nous ne sommes donc pas particulièrement inquiets par ce variant. Il est peut-être plus transmissible mais les conditions indiennes ne sont pas celles que nous connaissons ici. Essentiellement, il faut donc éviter qu'il arrive de façon trop importante dans notre pays. Les voyages vers les trois zones pouvant poser problème (ndlr:  Brésil, Inde et Afrique du Sud) sont bien encadrés."


Du côté des hospitalisations, on notait une moyenne de 201 patients hospitalisés tous les jours entre le 23 et le 29 avril, soit 16% de moins que lors de la période précédente. Un recul de 5% était observé en soins intensifs. "Elles diminuent tous les jours un peu plus vite. Seule la province de Liège présente encore une augmentation. Le poids est quand même encore important sur nos hôpitaux mais, au vu des diminutions journalières, nous espérons que le total des patients hospitalisés diminue plus rapidement", détaille le porte-parole interfédéral.

Parmi les personnes hospitalisées, on constate qu'il y a une majorité de personnes en surpoids. "Il y a plus de gens dans la quarantaine et la cinquantaine. Ils représentent un tiers des nouvelles admissions. En soins intensifs, il y a plus de personnes qui sont prises en charge, ce qui prouve que la disponibilité des lits est bonne. Un patient sur quatre est envoyé aux soins intensifs alors qu'on était à un patient sur cinq ou six durant la première vague. Heureusement, le taux de survie a augmenté également grâce à l'amélioration de la prise en charge. C'est également lié à l'âge des personnes qui sont plus jeunes et ont donc une meilleure espérance de vie."

En maisons de repos et soins, la situation est très calme. Le nombre de foyers, de contaminations et de décès est très bas et stable. La situation y est donc sous contrôle et de façon durable.

Les décès (39 en moyenne chaque jour) sont aussi en recul (-1,1%) par rapport à la semaine précédente. "Cette diminution se constate majoritairement chez les + de 65 ans alors qu'on voit une petite augmentation chez la population plus jeune", précise Yves Van Laethem.

Durant cette troisième vague, une personne hospitalisée sur 10 perd son combat contre le Covid, soit la moitié par rapport à la période de Noël 2020. Par contre, pour les personnes se retrouvant en soins intensifs, ce chiffre n'a pas beaucoup changé. Un tiers des patients qui y sont décèdent des suites du Covid.

"La vitesse de vaccination va encore augmenter"

En matière de vaccination, les résultats sont bons puisque 80% de la population des +65 ans ont reçu leur première dose. Pour l'ensemble de la population, ce chiffre s'élève à 25%. Yves Van Laethem et les experts sont satisfaits du rythme auquel les Belges sont vaccinés: "La campagne de vaccination a atteint sa vitesse de croisière mais va encore s'accélérer avec l'apport de quantités supplémentaires de vaccins, semaines après semaines. Cela nous amène à la 5e place européenne. Les craintes de certains n'ont donc plus de raison d'être".