Veuves de djihadistes, elles sont expulsées par Ankara.

Trois Anversoises et leurs six enfants doivent être rapatriés de Turquie, vraisemblablement ce mercredi, ont indiqué leurs avocats à plusieurs médias flamands. Tatiana Wielandt (27 ans), Bouchra Abouallal (26 ans) et Nadia Baghouri (28 ans) se trouvaient dans les mains de la justice turque après avoir fui deux camps tenus par les forces kurdes dans le nord de la Syrie. Les deux premières avaient fui le camp d’Ain Issa à la faveur de l’offensive turque en octobre dernier. La troisième aurait, selon ses avocats, fui le camp de Al-Hol le 12 avril dernier avec un groupe de femmes djihadistes européennes et rejoint Azaz, une ville syrienne sous contrôle turc.

Chaque fois qu’un djihadiste étranger aboutit en Turquie, il est amené devant un juge qui vérifie s’il a commis un crime aux yeux de la loi turque. Dans ce cas-ci, ce n’est pas le cas. La décision a été prise à la mi-mars. Maintenant que la période de confinement est passée, les trois femmes et leurs enfants seront donc expulsés judiciairement.

Risque de reradicalisation

L’ex-secrétaire d’État Theo Francken (N-VA) a raillé lundi le retour de ces ressortissants belges, encadré par les Affaires étrangères, alors que des Belges n’ont toujours pas pu être rapatriés en raison de la pandémie mondiale de coronavirus. Mais les services de renseignement estiment que ce retour doit être accéléré car le risque de reradicalisation est grand dans les camps comme Al-Hol. Les trois femmes seront envoyées en prison (5 ans pour Wielandt et Abouallal, 4 ans pour Baghouri) tandis que les enfants seront normalement pris en charge par les grands-parents.