Il est encore trop tôt pour savoir si les foyers significatifs de coronavirus observés ces derniers jours dans certaines municipalités anversoises sont dus à une variante plus contagieuse du virus.

C'est ce qu'affirme le virologue Steven Van Gucht ce lundi. Selon ses propres termes, Van Gucht est "tombé de sa chaise" lorsqu'il a regardé le journal télévisé de la VRT dimanche, signale l'agence Belga dans une dépêche en néerlandais. "Lors des épidémies de Lier, Wuustwezel et Duffel, il a été question de la variante du virus avec la mutation D614G", explique M. Van Gucht. "C'est en fait le virus standard que nous connaissons dans notre pays depuis des mois. Elle est née en Chine au début de 2020 et a été introduite en Europe via l'Italie et est devenue la souche dominante".

Pour l'instant, il y a encore trop peu d'informations pour parler d'une variante plus contagieuse, avertit M. Van Gucht. Les recherches sur les séquences d'ADN devraient permettre de déterminer de quelle variante il s'agit. "En tout cas, il ne s'agit pas de la variante britannique (B117, éd.). Certains cas de cette variante ont été trouvés, mais sans lien avec le Royaume-Uni".

"La mutation D614G est observée partout en Belgique, et ce depuis des mois. Elle ne peut donc à elle seule expliquer des situations particulières", avait déjà tempéré sur Twitter Emmanuel André, virologue de la KU Leuven.

De son côté, Emmanuel André assure que la mutation D614G est observée partout en Belgique, "et ce depuis des mois". "Elle ne peut donc à elle seule expliquer des situations particulières", rappelle-t-il sur Twitter. "La variante G614 a en réalité largement supplanté le virus original depuis de nombreux mois dans le monde (et en Europe)."

Toujours sur Twitter, Simon Dellicour, épidémiologiste à l'ULB, a lui aussi signalé que "la mutation D614G est dominante en Belgique depuis longtemps".