Si l'on a longtemps parlé d'assouplissements et de déconfinement au cours de la semaine dernière, les discours de ce week-end étaient bien différents. La crainte d'une troisième vague se trouvait sur (presque) toutes les lèvres. Le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) l'avait déjà évoquée lors de la conférence de presse qui a suivi le Codeco, ce vendredi 26 février. Le libéral flamand a ainsi argué que les chiffres actuels - à la hausse depuis plusieurs jours - laissaient présager que notre pays pourrait être confronté à ce qu'il a jusqu'ici réussi à éviter. L'objectif des autorités ? Empêcher cette troisième vague de déferler, voire en réduire l'ampleur s'il était malheureusement déjà trop tard. C'est pourquoi les discussions concernant d'éventuels assouplissements à venir ont été reportées à ce vendredi 5 mars, afin de laisser la possibilité aux politiques et experts d'observer comment évolue la situation épidémiologique.

Selon les données communiquées ce lundi 1er mars par Sciensano , les contaminations et les hospitalisations continuent à augmenter, respectivement de 19% et de 25% , sur l'ensemble du pays. Mais par rapport à ces tendances inquiétantes et aux déclarations anxiogènes qui se multiplient, le biostatisticien Bart Mesuere (UGent) a tenu à apporter un discours plus nuancé. "Le nombre de nouvelles contaminations augmente toujours, mais la hausse semble diminuer de jour en jour", a-t-il expliqué à nos confrères de De Morgen , citant les chiffres de ce samedi (+23%) et de ce dimanche (+19%) en Flandre.

Une tendance "bizarre"

L'expert, qui a tout de même appelé à ne pas se réjouir trop vite, a estimé que nous pourrions faire face à la même situation que celle observée il y a quelques semaines, durant laquelle les contaminations avaient brièvement augmenté avant de se stabiliser. "Mais supposons que ce soit une troisième vague, ce qui est encore possible, il semble qu'elle sera un peu plus lente que la deuxième", a postulé M. Mesuere, comme l'avait également évoqué avant lui l'épidémiologiste Marius Gilbert dans une interview à La Libre .

Mais s'il a parlé d'une "lueur d'espoir" concernant les contaminations, il s'est montré beaucoup moins optimiste face aux hospitalisations, jugées "inquiétantes". "Dans le passé, nous avons toujours observé une augmentation du nombre d'infections, puis une hausse des hospitalisations et enfin du nombre de personnes en soins intensifs", a-t-il détaillé. Or, actuellement, nous assistons à une augmentation déjà très importante du nombre de personnes en soins intensifs, qui s'est manifestée étrangement tôt. "C'est un peu bizarre et, en fait, nous ne savons pas vraiment d'où cela vient", a-t-il conclu à nos confrères de De Morgen .



"Une très bonne nouvelle"

Le virologue Marc Van Ranst a quant à lui tenu à souligner ce lundi matin l'importante diminution du nombre de décès concernant les personnes âgées de 85 ans et plus. "Il s'agit là des effets de la vaccination", a-t-il écrit sur Twitter. "Et c'est une très bonne nouvelle!"


De manière plus générale, les décès continuent à diminuer à l'échelle du pays (-36% par rapport à la période de sept jours précédente). Le bilan est actuellement de 22.077 morts depuis le début de la pandémie en Belgique.