Au terme de coups répétés, le buste du roi Léopold II finit par s'écraser au sol. La RTBF était présente aux côtés des activistes qui, dans la nuit de jeudi à vendredi, ont déboulonné une statue à l'effigie du roi à Auderghem.

Menée Square du Souverain, l'action coup de poing n'en reste pas moins un acte de vandalisme et ses auteurs risquent de lourdes poursuites judiciaires. Selon eux, les symboles du colonialisme sont encore trop présents à Bruxelles : "Cela fait des années que l'on milite et qu'on essaie de se faire entendre par rapport à cela. On a l'impression de prêcher dans le désert, de dire des choses et qu'on ne nous écoute pas", déclarent-ils à la RTBF.

Dans leur communiqué, les activistes parlent également de la mort de George Floyd : "Les récents événements aux Etats-Unis nous rappellent que le racisme est un fléau important et global. Le racisme est un héritage colonial qui colle à nos êtres, à nos interactions et à nos manières de faire dans la société. Sa violence s'incarne jusqu'aux noms de nos rues, jusqu'au choix des statues qui ornent nos places".

La police est venue constater les dégâts pendant la nuit. Interrogé ce vendredi au micro de la RTBF, le bourgmestre Didier Gosuin (DéFI) condamne et regrette cette action. "Ce n’est pas comme ça qu’on procède dans une démocratie. Ce n’est pas comme ça qu’on remet l’histoire dans le droit chemin", déclare-t-il, avant de poursuivre : "Qu’il y ait un débat autour de l’histoire, du passé colonial, de la manière dont le récit historique est inculqué à nos générations, certes, je suis d’accord et il faut l’ouvrir".

Le bourgmestre a également souligné que la commue d'Auderghem avait, il y a quelques jours, déjà fait rogner une phrase "en hommage à ceux qui ont apporté la civilisation au Congo", la considérant comme étant une marque de révisionnisme historique.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez a également réagit sur Twitter déclarant que "les actes de vandalisme à Auderghem contre une statue de Léopold II sont inacceptables et ne font pas avancer le débat".