Le Comité de concertation a annoncé la couleur, ce vendredi 4 juin: les Belges vont pouvoir profiter d'un été presque normal. Mais la population va devoir se plier à certaines règles pour que ces libertés retrouvées ne se transforment pas en opportunités inespérées pour le virus. Les voyages notamment seront particulièrement encadrés afin d'éviter que de nouveaux variants fassent leur entrée dans notre pays et deviennent dominants.

Certains experts se sont toutefois montrés dubitatifs face aux assouplissements présentés par le Codeco qu'ils ont jugé hâtifs. Le biostatisticien Geert Molenberghs (KULeuven/UHasselt) a apporté davantage de précisions quant à ces préoccupations. "La situation évolue favorablement, mais deux choses nous inquiètent malgré tout", a-t-il détaillé auprès de Het Laatste Nieuws. "Tout d'abord, il y a le variant indien qui circule actuellement surtout au Royaume-Uni, mais également en Irlande et au Portugal. (...) Il est très important qu'on limite l'entrée dans notre pays de ce variant, mais également du variant brésilien. Ensuite, il y a les assouplissements du 9 juin qui sont très nombreux. Nous allons être très attentifs aux effets qu'ils auront dans les trois semaines qui suivent."

"Ce qui signifie un plus grand risque de contaminations"

Pour le scientifique flamand, il existe bel et bien un risque que les chiffres cessent de diminuer et se stabilisent après le 9 juin. "Il faudra voir qui gagne la compétition: nous avons d'un côté la campagne de vaccination qui s'est accélérée et de l'autre côté, les Belges qui auront plus de contacts, ce qui signifie un plus grand risque de contaminations, surtout avec ce variant indien qui va prendre de plus en plus d'importance", a-t-il ajouté. Cela ne veut toutefois pas dire, selon M. Molenberghs, que l'on court à la catastrophe. "Si on arrive à retarder l'ancrage du variant indien dans notre pays, on permettrait à la campagne de vaccination d'avancer davantage et donc que plus de gens soient protégés", a-t-il estimé.

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S'il a appelé à la prudence, l'expert a tenu à souligner les nombreux aspects positifs actuellement dans les chiffres, avec notamment un taux de positivité - le nombre de tests positifs par rapport au nombre total de tests effectués - qui est de 4,1% à l'échelle du pays. "On voit clairement les effets positifs de la campagne de vaccination", a-t-il conclu sur HLN.