Il y a peu, une certaine méfiance de la population vis-à-vis de la vaccination ne laissait pas présager une telle conjoncture pour les médecins. Pourtant, Gaël Thiry nous explique être totalement pris au dépourvu depuis quelques semaines au vu du nombre important d'appels qu'il reçoit : "Nous en recevons entre 70 et 80 par jour qui concernent uniquement la vaccination. Ceux-ci viennent s'ajouter à toutes les autres demandes habituelles", précise le médecin. Il révèle par ailleurs que la pression exercée peut être relativement forte: "Certains menacent carrément de changer de médecin traitant", déplore-t-il.

Un manque de communication et d'informations claires

Les profils de ces patients varient, explique Gaël Thiry: "Il s'agit de personnes à risque, qui ont des facteurs de comorbidité, mais également d'autres individus qui anticipent un éventuel passeport vaccinal pour voyager. Depuis la polémique des thromboses et du vaccin de la firme AstraZeneca, d'autres nous téléphonent aussi car ils veulent s'assurer de recevoir une dose du vaccin Pfizer". De plus, les disparités existantes au niveau de l'ordre de priorité de vaccination entre les régions et les communes engendrent de la confusion auprès de la population qui, par conséquent, s'en réfère aux médecins généralistes. Cependant, pour Gaël Thiry, il existe un réel souci au niveau de l'information et de la communication à destination du personnel soignant: "Il n'est pas rare d'apprendre des nouvelles dans les journaux. Il y a un retard dans la transmission d'informations et cela entrave le bon déroulement de notre travail de médecin".

Concernant la vaccination, il estime malgré tout que le dispositif mis en place actuellement fonctionne au maximum de ses capacités: "Tout le personnel impliqué dans le processus de vaccination travaille d'arrache-pied. Je tiens d'ailleurs à les féliciter et à les remercier pour le boulot fourni. Le problème réside dans le nombre de doses mises à disposition. Nous ne pouvons pas accélérer les choses sans vaccins disponibles". Il attend d'ailleurs impatiemment que les médecins puissent les administrer directement à leurs patients: "Cela facilitera grandement la vaccination en supprimant des intermédiaires et en allégeant le système".

Gaël Thiry est d'avis que les mesures prises lors du dernier Comité de concertation sont insuffisantes et qu'elles ne permettront pas d'endiguer la propagation du coronavirus sur le territoire. Il souhaite cependant faire passer le message que le personnel de santé n'est pas un oiseau de mauvais augure et que leurs nombreux appels à des restrictions plus fortes ne se font pas de gaieté de cœur: "Nous comprenons le ras le bol. Nous, aussi, nous voulons revoir nos proches et retrouver une vie normale. Cependant, nous devons rester solidaires en ces temps exceptionnels et prodiguer un dernier effort pour ne pas saturer les hôpitaux", conclut le médecin.