L’ambiance était tendue, mercredi, autour du Comité de concertation qui s’est réuni sur le coup de 9 heures au Palais d’Egmont. La réunion aura duré près de sept heures. Le temps nécessaire pour parvenir à un accord sur l’équilibre à trouver entre la pression toujours forte dans les hôpitaux et la lassitude d’une bonne partie de la population belge face aux mesures restrictives.

Ce compromis prend la forme d’un calendrier de déconfinement progressif présenté par le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) en fin d’après-midi. À partir du 26 avril, la Belgique entrera progressivement en phase dite de gestion de risque. "L’approche est prudente et réaliste, basée sur la confiance", entame le Premier. Si l’approche change, c’est que, désormais, la vaccination constitue un élément sur lequel on peut compter, estime Alexander De Croo. L’avancée de la campagne sert ainsi de grandes balises pour les échéances futures. Voici les grandes dates.

Le 19 avril

À partir du 19 avril, les voyages non essentiels seront à nouveau possibles à l’intérieur de l’Union européenne. Ils restent toutefois déconseillés, rappelle Alexander De Croo, et les retours seront bien encadrés. Le voyageur qui revient d’une zone rouge devra effectuer deux tests (le premier jour du retour et sept jours plus tard) et observer une semaine de quarantaine. Le "Passenger Locator Form" reste obligatoire et permettra de repérer ceux qui ne se plient pas aux règles.

À cette date aussi, les élèves pourront retrouver partiellement les bancs de l’école selon un rythme adapté à leur degré (voir page 5). Concernant l’enseignement secondaire, le Comité de concertation entend toutefois évaluer à la fin du mois d’avril le retour prévu en présentiel à temps plein pour le mois de mai.

Le 26 avril

D’ici deux semaines, ce sera aux coiffeurs, aux esthéticiennes et aux autres métiers de contact de pouvoir reprendre leur activité. Les commerces pourront également accueillir leurs clients sans prise de rendez-vous. Il sera possible de se rassembler à dix personnes à l’extérieur, contre quatre aujourd’hui. À cette date aussi commenceront une série d’expériences et de projets pilotes dans les secteurs de la culture, de l’événementiel et du sport. De quoi s’agit-il exactement ? Il est encore trop tôt pour le dire.

Le 8 mai

La date du 8 mai est finalement choisie pour l’activation du "Plan plein air", présenté début mars et reporté. Pourquoi cette date ? Car elle correspond au moment où 70 % des plus de 65 ans seront vaccinés et protégés, estiment les autorités. Les terrasses des cafés et des restaurants pourront alors à nouveau accueillir des clients, selon des protocoles bien stricts. Le sport sans public pourra reprendre, ainsi que les brocantes et marchés. La jauge pour les activités à l’extérieur passera à 25 personnes. Pour les événements cultuels et culturels, on pourra grimper jusqu’à 50 en extérieur. Le couvre-feu sera également levé le 8 mai, et ce sur l’ensemble du territoire. Mais les rassemblements nocturnes resteront alors limités à trois personnes de foyers différents. À l’intérieur, la bulle pourra s’élargir d’une à deux personnes. D’ici là, les Belges ne pourront accueillir qu’une seule personne à l’intérieur de leur maison. Mais toutes ces mesures restent conditionnées à l’évolution de la situation dans les soins intensifs. À partir de quel stade pourra-t-on définir que la situation autorise les relâchements ? Impossible à dire aujourd’hui.

Début juin

Début juin, ce sera au tour du plan intérieur d’entrer en vigueur. Il est question de davantage de contacts sociaux, de l’ouverture des salles des restaurants et des cafés, du retour en entreprise et même de la reprise des événements et représentations culturelles. C’est aussi à ce moment-là que les églises et lieux de culte pourront accueillir davantage de fidèles à l’intérieur. Là aussi, l’agenda est réglé sur le succès de la campagne de vaccination. Selon les prévisions, la quasi-totalité des plus de 65 ans et des personnes vulnérables devrait avoir reçu les deux doses de vaccin. Une situation qui devrait avoir un impact sur l’occupation des soins intensifs, puisque le fédéral conditionne la mise en œuvre de ce plan intérieur au retour à la normale dans ces services.