Yves Coppieters, invité sur le plateau de la RTBF, s'est exprimé à la suite de la conférence de presse du Codeco de ce 14 avril. L'épidémiologiste a qualifié les mesures de "prudentes". "La Belgique a choisi une approche même très prudente parce que si l'on regarde les deux premières échéances du 19 et 26 avril, on ne relance que les activités que l'on avait fermées il y a trois semaines. Et si vous regardez les autres points, il n'y a pas grand-chose", a-t-il estimé. "Les voyages non-essentiels peuvent reprendre, mais on sait très bien que voyager en zone rouge c'est très compliqué parce qu'il faut la quarantaine, parce qu'il faut le testing...", a-t-il donné comme exemple. Commentant la nouvelle bulle extérieure (dès le 26 avril), Yves Coppieters estime toujours que "l'on prend très peu de risques, c'est une petite bulle d'oxygène pour nous tous."

L'expert s'est tout de même étonné du message transmis par les autorités par rapport au variant brésilien qui inquiète de plus en plus ces derniers jours : "C'est étonnant qu'il n'y ait pas eu de message plus particulier par rapport au variant brésilien et à des zones plus à risques et qu'aucun renforcement à nos frontières n'ait été pris."

Questionné sur la frilosité des autorités à réaliser des expériences "tests" dans les domaines par exemple de la culture ou de l'événementiel, le professeur de santé publique a assuré que "la culture, si ce n'est le parent pauvre, c'est le parent oublié pour l'instant. Et puis, il ne faut pas absolument des phases pilotes pour rouvrir la culture. On a bien vu les cinémas, les théâtres, etc., avec des protocoles : assis avec les masques. Il ne fallait pas des phases tests, cela fonctionnait très bien après la première vague. Cela n'a pas entraîné des clusters de contaminations. Maintenant, pour pouvoir envisager d'autres événements avec plus de monde, oui il en faut." Yves Coppieters a ainsi pointé un tort du gouvernement : "toute une série de lieux sont déjà "covid safe" avec des protocoles bien établis, pourquoi est-ce que l'on n'ose pas relâcher ces secteurs à moindre risque?"

Au contraire, le virologue Marc Van Ranst a qualifié, au micro de VTM Nieuws, ces nouvelles mesures de "conséquentes", en particulier "le deuxième contact rapproché, ou câlin". En effet, il a expliqué que les annonces du Codeco lui ont laissé deux questions en tête : sur leurs modalités et sur leur conditionnalité. "Les terrasses sont ouvertes, d'accord, tout va bien. Mais comment cela va-t-il se passer ? Y aura-t-il une heure de fermeture avec cette interdiction de se réunir? Avec qui et combien de personnes pouvez-vous vous asseoir à cette table?". L'expert s'est inquiété ensuite qu'aucun seuil spécifique pour les soins intensifs n'ait été décidé comme condition et a insisté sur le fait que la population doit être consciente que ces assouplissements sont conditionnés à des améliorations. 

L'infectiologue Erika Vlieghe a espéré aussi que les prochaines mesures seront bien "liées au taux d'occupation des unités de réanimation et de couverture vaccinale" car "la situation reste encore très précaire".