Les faits se sont déroulés dimanche soir à  Bruxelles, alors que la jeune femme s'apprêtait à monter dans un bus.

"Le harcèlement de rue, c’est mon quotidien. Chaque jour, je me ramasse une remarque sexiste. Avec des 'Bonjour, comment ça va ?' en chinois, japonais et même en coréen. Et je me dis, vu l’heure tardive, que je vais encore prendre une remarque", raconte la jeune femme à la RTBF

Comme attendu, en passant devant un groupe d'adolescents à l'arrêt de bus, les remarques ont fusé. Tout d'abord un commentaire douteux, puis un "Coronavirus" lancé comme une insulte. La jeune fille ne se laisse pas faire et réagit en retour, avec un "fils de p...", qu'elle regrette après coup : "Je n’en suis pas fière car ce n’est pas dans les principes de la féministe que je suis. Mais je voulais les humilier sur le moment. Je me disais : j’ai le droit de courir après mon bus sans me ramasser une remarque sexiste et raciste. J’étais en colère, énervée. Ma mère elle-même, à Bruxelles, avait eu une remarque quelques jours auparavant, on avait mimé de l’égorger parce qu’elle est asiatique. Ce soir-là, j’ai explosé et j’ai réagi verbalement".

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. La victime, d'origine chinoise et qui vit à Bruxelles depuis toujours, monte dans le bus qui vient d'arriver, et quelques-uns des garçons qui l'ont insultée grimpent également à bord. Le véhicule est toujours à l'arrêt et les agresseurs en profitent pour intimider la jeune femme. "Ils viennent menacer de me frapper et de prendre mon GSM", écrit-elle sur Facebook. Un des garçons s'emporte, mais lorsque la Bruxelloise menace d'appeler la police, il semble se calmer, et sort du bus avec son ami, mais reste à proximité du véhicule.

Et au moment où celui-ci redémarre, un des hommes remonte dans le véhicule. "Il m’a insultée à travers la porte, m’a dit 'Ferme ta g… sale p…' et m’a craché dessus. J’en avais partout : sur ma veste, mon écharpe, mes mains, mes cheveux…", explique la victime, qui a été directement porter plainte au commissariat le plus proche pour insulte, discrimination et menace de violence physique.

La jeune femme a voulu raconter son histoire pour qu'elle serve à d'autres. "Moi, je sais me défendre, je n’ai pas ma langue dans la poche. Mais d’autres personnes d’origine asiatique comme moi n’auraient peut-être pas réagi comme je l’ai fait, auraient rasé les murs, se seraient montrées plus discrètes… C’est pour elles aussi que je décide de ne pas laisser cette histoire sans lendemain. Ce qui s’est passé ce dimanche soir n’est pas normal. Bruxelles est ma ville, j’ai le droit de courir après un bus sans avoir peur. Je n’ai commis aucun crime que je sache", a-t-elle conclu.