La pandémie de Covid-19 a mené de nombreux gouvernements à restreindre la liberté des citoyens pour limiter les contacts sociaux. Une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications et réalisée par 12 chercheurs de l'Université Libre de Bruxelles, d'Anvers, de Hasselt et de Louvain, s'est penchée sur l'efficacité de la "bulle sociale".

Le déverrouillage progressif de notre société, tout en gardant la propagation du virus sous contrôle, nécessite des modèles détaillés pour simuler la propagation du SARS-Cov-2. Cette étude pose un modèle de transmission centré sur l'individu pour simuler les interactions entre les 11 millions d'habitants de la Belgique, y compris lorsque la restriction des bulles sociales "foyers" est d'application. La bulle sociale "foyers" y est définie comme "une combinaison exclusive de deux foyers - dont les membres les plus âgés ne peuvent pas avoir une différence d'âge supérieure à 3 ans - qui restent entre eux pendant les week-ends."

Les chercheurs sont partis d'un scénario de base qui comprend une réouverture progressive des activités inter-entreprises (B2B), scolaires et communautaires, comprenant à chaque fois quatre hypothèses qui rendent compte d'une augmentation faible et modérée de la mixité sociale

Les trajectoires marquées par A et B comprennent une augmentation des contacts sociaux au sein d'une communauté, ce qui a un impact évident sur les projections d'admissions à l'hôpital.

Les trajectoires marquées par A et C comprennent une augmentation des mélanges liés au B2B.On constate que sans l'augmentation des contacts sociaux communautaires, l'effet du B2B semble minime.

© nature Communications

L'analyse de différents scénarios démontre l'impact des bulles sociales "foyers", du tracing et d'une stratégie qui combine les deux, sur les admissions à l'hôpital au fil du temps. Si les gens ont moins de contacts rapprochés, le nombre d'admissions à l'hôpital diminue. C'est également le cas avec un suivi strict des personnes symptomatiques et de leurs contacts lors de l'application d'une stratégie de tracing.

Par contre, si les contacts sociaux inter-entreprises et communautaires augmentent, tant le scénario de la bulle sociale "foyers" que celui du tracing ne sont pas suffisants. Le nombre d'admissions à l'hôpital augmente toujours dans le temps. Mais la combinaison des deux stratégies montre un effet stabilisateur pour toutes les hypothèses de mixité sociale à l'étude.

L'étude précise que les bulles sociales "foyers" sont définies par la connectivité, le mélange intergénérationnel et la taille. Tous ces facteurs ont un impact sur les simulations d'admissions à l'hôpital publiées. Les statistiques sur lesquelles repose l'étude permettent donc uniquement de montrer les différences relatives entre les divers scénarios.

Le scénario par défaut qui comprend les bulles sociale "foyers" montre une réduction moyenne du nombre moyen d'admissions à l'hôpital de 53 % en juin et de 75 % en août par rapport au scénario de base.

En n'ayant pas de contacts de loisirs en dehors de la bulle "foyers" (c'est-à-dire si les bulles "foyers" sont parfaitement respectées 7 jours sur 7), le nombre moyen d'admissions à l'hôpital peut être réduit de 93 % d'ici le mois d'août.

Si les bulles "foyers" sont moins strictes (parfaitement respectées 2 jours par semaine), l'effet est moins prononcé mais le nombre moyen d'hospitalisations en août peut encore être inférieur de 41 % par rapport à notre scénario de base.

Si plusieurs générations sont autorisées au sein d'une même bulle "foyer", l'efficacité de cette stratégie diminue. La réduction des admissions quotidiennes à l'hôpital d'ici juin n'est que de 43 % si l'on autorise une différence d'âge de 60 ans.