Le Centre de crise national a livré les derniers chiffres de l'épidémie de coronavirus ce lundi 23 mars. Si les experts ont souligné qu'une "tendance positive pourrait se dessiner", ils ont demandé à la population de redoubler de prudence. "C'est maintenant que nous devons tenir bon, il faut continuer à respecter les mesures, il s'agit d'une semaine importante", a déclaré Benoît Ramacker. Il a regretté que certaines personnes ne comprennent toujours pas la gravité de la situation et l'importance des règles mises en place. "Si tout le monde ne les respecte pas à court terme, notre pays va se retrouver confronté à une situation plus difficile et moins gérable pour les services hospitaliers". Les experts - Benoît Ramacker, Steven Van Gucht et Emmanuel André - se sont ensuite intéressés à six questions que se pose une grande partie de la population : 

1) Peut-on tirer un premier bilan des mesures sur l'épidémie ? Ressent-on l'impact des lockdown parties sur les chiffres ?

"Nous observons pour la première fois une évolution qui va dans le bon sens sur le nombre de personnes malades. Il est toutefois trop tôt pour en tirer des conclusions. Par rapport aux lockdown parties, c'est évidemment quelque chose qui a probablement eu un impact, mais cela fait désormais partie du passé et il est important qu'il n'y en ait plus. Si des grandes soirées sont organisées, cela aura un impact négatif sur notre système de santé". 

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2) Le taux de mortalité est-il plus élevé chez les jeunes à Bruxelles ?

"Non, le taux de mortalité est plus élevé chez les plus âgés et les plus fragiles. Mais il est important de se rendre compte que la maladie ne touche pas uniquement les personnes âgées, mais aussi les plus jeunes, y compris dans les formes sévères. Des patients plus jeunes peuvent être infectés et développer des formes sévères de la maladie. C'est une maladie qui touche tout le monde et chacun doit se protéger".

3) Combien de tests sont réalisés en Belgique chaque jour et combien ont été réalisés depuis le début de l'épidémie ?

"Nous avons réalisé près de 30.000 tests. Ils ont été réalisés, dans un premier temps, pour faire de la surveillance pour savoir quand la maladie allait émerger en Belgique et aujourd'hui nous savons qu'ils sont surtout réalisés pour les personnes qui doivent être hospitalisées. Nous réalisons à peu près 2.000 à 2.500 tests par jour. Mais nous voulons augmenter cette capacité de testing. Il faut, pour cela, mettre en place une structure de laboratoire qui est très puissante".


4) Quelle est l'approche de la Belgique concernant la chloroquine ?

"L'hydroxychloroquine fait partie des médicaments qui sont déjà sur le marché, dont on a évalué la toxicité dans d'autres applications. On a déjà pu remarquer une certaine activité qui doit être confirmée par des études cliniques en cours. Actuellement, en Belgique, nous donnons ce médicament aux personnes hospitalisées parce qu'on veut donner toutes les chances à ces personnes".

5) Quel est le nombre de lits actuellement disponibles en soins intensifs ? 

"Actuellement, 621 lits de soins intensifs avec le matériel nécessaire sont disponibles. Il y a aujourd'hui 322 lits en soins intensifs qui sont occupés dans les hôpitaux". 

6) Un objet peut-il être contaminé ?

"Le risque de contamination indirecte a été identifié comme quasi nul par plusieurs organisations internationales spécialistes de la santé."