Certaines ont été plus entendues que d'autres.

La Belgique avance à grands pas dans son déconfinement. Alors qu'était lancée ce lundi 8 juin la troisième phase de l'"Exit strategy", l'une des expertes ayant œuvré à son élaboration a raconté, sur le plateau de la RTBF, comment s'étaient passés ces deux mois de discussions. Celine Nieuwenhuys, Secrétaire générale de la Fédération des services sociaux, a ainsi expliqué que le GEES (Groupe d’Experts en charge de l’Exit Strategy) était soumis à de nombreuses pressions. "On en a eu de tous côtés, pas seulement de l'horeca, a expliqué Mme Nieuwenhuys à la RTBF. De la culture aussi, et de toute une série de secteurs fort impactés par la crise. "

L'experte a estimé toutefois que tout cela était "légitime", au vu de la situation dans laquelle se trouvait le pays. "Ils devaient pouvoir faire remonter leurs inquiétudes", a-t-elle ajouté, insistant toutefois sur le fait que les experts ne pouvaient pas prendre de décision. En effet, le groupe présidé par Erika Vlieghe se charge de conseiller les politiques dans leur stratégie. Le dernier mot revient toutefois, comme elles l'ont souvent rappelé au cours de la crise sanitaire, aux autorités du pays. "Depuis le début, nous n'avons pas voulu changer nos avis parce que les politiques voulaient faire autre chose", a encore affirmé Mme Nieuwenhuys.

Mais si la secrétaire générale a maintenu que les pressions venaient de partout, elle a admis tout de même que certaines ont été plus entendues que d'autres, "soit par le politique, soit par les experts". "Ce qui est intéressant, c’est de voir que les experts sont plus orientés sur le bien commun car ils n’ont pas la question de l’électorat derrière eux, conclut-elle sur le plateau de la RTBF. Ce qui est certain, c’est qu’il y a eu des pressions de certaines fédérations de CPAS et de lutte contre la pauvreté qui ont été moins entendues que certaines issues du secteur de l’économie."

Des rumeurs avaient déjà été colportées sur d'éventuelles pressions auxquelles étaient soumis les experts. Il était également question de tensions entre le monde politique et les scientifiques, notamment évoquées au moment du retrait d'Emmanuel André de son poste de porte-parole interfédéral. Le virologue avait toutefois réfuté tout lien entre sa démission et des problèmes avec les politiques.