Les faits sont terribles et, hélas, pas uniques. Une adolescente de 14 ans s’est suicidée le 15 mai après avoir été victime, quatre jours plus tôt, d’un viol collectif. Cinq jeunes, dont trois mineurs, ont été interpellés. Le juge d’instruction saisi de l’affaire examine aussi l’éventualité d’une circonstance aggravante et veut vérifier s’il est possible d’établir un lien entre les faits de mœurs et le suicide. L’information, donnée par Het Nieuwsblad, a finalement été confirmée, mardi soir, par le parquet de Flandre orientale.

La victime avait convenu d’un rendez-vous avec un ami au cimetière de Gand. Sur place, elle s’est retrouvée face à cinq hommes. Elle a été violée. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. L’adolescente a été confrontée aux images. Elle s’est confiée à une amie. Cette dernière, peu après le suicide de l’adolescente, s’en est ouvert à sa mère, qui a alors prévenu la famille de la victime. "Elle ne nous avait rien dit. J’avais pourtant expliqué à chacun des enfants qu’ils pouvaient venir vers moi si quelque chose n’allait pas et que j’écouterais, même si je n’étais pas d’accord", a expliqué le père au Nieuwsblad. La police a pu retrouver les images et identifier les cinq jeunes. "Trois mineurs ont été placés par un juge de la jeunesse. Deux majeurs ont été placés sous mandat d’arrêt pour le juge d’instruction. Ils sont soupçonnés de faits qui se sont produits peu avant la mort de la victime", dit-on au parquet. Les deux suspects majeurs comparaîtront vendredi devant la chambre du conseil de Gand.

La prise et la diffusion de photos qui peuvent mettre en danger l’intégrité personnelle ont été retenues par le juge d’instruction. S’y ajoute la circonstance aggravante - que le parquet analyse - selon laquelle le viol a conduit à la mort de l’adolescente.

Cette jeune Gantoise n’est pas la première à se suicider après la diffusion de telles vidéos sur les réseaux sociaux. Le 31 janvier 2020, Maëlle, 14 ans, a mis fin à ses jours à Jumet à la suite de faits de harcèlement scolaire et de la diffusion sur les réseaux sociaux d’images et de vidéos à caractère sexuel. Quatre mineurs sont actuellement jugés dans ce dossier.