Manon, jeune Belge de 21 ans, est victime de harcèlement depuis plusieurs mois. Cette streameuse originaire de Charleroi se filme régulièrement en train de jouer à différents jeux vidéos sur la plateforme Twitch, fort appréciée des amateurs de gaming.

Suivie par de nombreux internautes et notamment animatrice d'une émission consacrée aux jeux vidéos, Manon est fréquemment la cible de remarques sexistes et de menaces en tous genres. Dans le documentaire #salepute, la jeune fille avait d'ailleurs témoigné des nombreux messages qu'elle reçoit quotidiennement: " J'ai reçu beaucoup de menaces de viol et de menaces de mort. Ils menacent également mon entourage", a-t-elle confié.

"Le suspect n'a toujours pas été auditionné"

Ce vendredi, sur Twitter, la streameuse, qui se fait appeler Manonolita, a partagé des captures d'écran de messages particulièrement virulents qu'un individu lui envoie, ainsi que la preuve de ses appels incessants. On peut notamment y lire des insultes telles que "traînée", "pute", "chiasse". Manon affirme que son harceleur habite à quelques minutes de chez elle et que, huit mois après sa potentielle identification, "le suspect n'a toujours pas été auditionné".



Le hashtag #protectmanonolita a été lancé par des amies de Manon sur différents réseaux sociaux et est aussitôt devenu viral sur la toile. De nombreux internautes affirment leur soutien à la jeune gameuse, et lancent notamment des appels à la police fédérale et à la police de Charleroi afin d'obtenir une réaction rapide de leur part.


Soutien politique

Plusieurs personnalités politiques ont également apporté leur soutien à la jeune fille, comme la coprésidente d'Ecolo Rajae Maouane, le président de DéFi François De Smet, ou encore la ministre de la Culture et des Médias Bénédicte Linard (Ecolo), qui précise que le sujet sera sur la table de la prochaine Commission interministérielle "Droits des femmes".




"Twitter n'est pas un lieu pour déposer des plaintes"

Contactée par nos soins, la police fédérale nous a redirigés vers la police locale de Charleroi. Du côté de celle-ci, on temporise: "Ce n'est pas parce qu'on tague un service de police que cela va changer quoi que soit. Twitter n'est pas un lieu pour déposer des plaintes. Si une plainte a déjà été déposée, les services de police ne peuvent pas communiquer sur une affaire en cours", précise le porte-parole de la zone, David Quinaux, qui renvoie la balle au parquet.

Et d'ajouter : "Si la victime estime que le ministère public ne bouge pas suffisamment, elle peut se déclarer partie civile dans les mains d'un juge d'instruction pour obliger qu'une enquête se fasse".

Quant au représentant du parquet de Charleroi, il devait encore prendre connaissance du dossier, mais il s'est engagé à nous rappeler. Sa réaction sera précisée dans cet article dès réception.