Il sort justement d'une réunion sur le sujet. Yves Van Laethem vient d'aborder avec ses collègues du GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19) la découverte britannique d'une nouvelle mutation du Covid-19. Qu'est-ce qu'on sait actuellement ? Il résume la situation pour LaLibre.be.

"Il faut être prudent, on ne sait pas encore grand chose sur cette nouvelle mutation du virus" , précise-t-il d'emblée. " Elle a été détectée en septembre en Angleterre et s'y est répandue progressivement. Cela  ne veut pas dire que cette variante est anglaise. Elle a simplement été détectée là-bas parce que les Anglais ont un bon système épidémiologique dans lequel ils ont investi de l'argent. Ce sont eux qui nous alertent. On n'a pas encore assez de données pour parler précisément de sa présence dans d'autres pays. On sait juste qu'elle a été détectée également en Hollande et en Belgique en petit nombre. Il est encore impossible d'affirmer que cette mutation est à la base des (moins bons) chiffres actuels. Nous devons attendre plus de résultats, surement dans les jours qui viennent."

Plus dangereux ?

Pour le moment, des indices permettent de penser que cette variante pourrait être plus transmissible. "Cependant, aucune donnée ne nous permet actuellement de dire qu'elle est plus virulente ou résistante à l'immunité induite par le vaccin", explique le porte-parole. "S'il s'avère qu'elle est plus transmissible mais pas spécialement plus agressive, elle serait évidemment plus dangereuse pour la population étant donné qu'elle contaminerait plus rapidement."

C'est donc un énième rappel que nous vivons un moment complexe et que nous ne pouvons relâcher nos efforts. "On se répète tous les jours, mais les semaines devant nous seront une fois de plus décisives", rappelle Yves Van Laethem.

Besoin d'une réponse commune

Plusieurs pays, dont les Pays-Bas et la Belgique, ont déjà annoncé la fermeture de leurs portes aux voyageurs en provenance du Royaume-Uni. "Ce n'est, en effet, pas le moment d'accueillir ses amis anglais ou d'aller faire du shopping à Londres", ironise l'expert.

"C'est donc une sage précaution d'arrêter les arrivées des trains, au moins le temps de se rendre compte au niveau européen de ce qu'il se passe. Nous devons nous demander si les Anglais ont détecté une mutation déjà répandue plus largement en Europe ou si cette variante est vraiment née en Angleterre et qu'il faut bloquer sa propagation. Les pays européens se concertent actuellement et je pense qu'on peut s'attendre à une position commune assez rapidement", affirme Van Laethem. "C'est nécessaire, car la Belgique qui agit toute seule, ça n'a pas de sens."

De nouvelles mesures ?

Il n'est évidemment pas question d'inventer de nouvelles mesures à chaque fois qu'on découvre une nouvelle mutation. "Cela arrive environ une fois tous les quinze jours, mais aucune mutation n'a eu un réel impact", précise le porte-parole. "Prudence, mais pas d'inquiétude majeure pour l'instant. Il faut évidemment être prêt à agir rapidement si besoin, c'est-à-dire adapter ou non les mesures actuelles. On a eu une première vague, une deuxième et on veut tous empêcher une troisième."