La vente, l’achat et la consommation de cannabis sont interdits en Belgique. La politique de prohibition s’appuie sur une loi de 1921 qui est remise en question par de nombreux acteurs de la société civile face aux enjeux de santé publique, notamment via la campagne #Stop1921.

Ce mouvement qui réclame une régulation non-marchande du cannabis rassemble des dizaines d’associations de tout le pays comme le Centre bruxellois de coordination sociopolitique, Fédito (les fédérations bruxelloise et wallonne des institutions pour toxicomanes qui rassemblent les institutions actives dans l’information, la prévention, la réduction des risques, les soins, l’accompagnement…), Infor-Drogues, Mambo Social Club, Trekt Uw Plant, Médecins du monde…

Ces acteurs lancent aujourd’hui une pétition pour demander au législateur de définir un cadre légal pour les “cannabis social clubs”. Il s’agit d’associations de consommateurs de cannabis, qui les aident à cultiver en toute sécurité pour leur consommations personnelle. Le cannabis, dont la culture est supervisée, est gérée et distribuée aux membres du club.

Une alternative à la prohibition

Depuis près de 100 ans, la loi belge régule les produits psychotropes en criminalisant leurs usages. Résultat ? Une politique “déconnectée des réalités actuelles” qui n’a "jamais réduit ni l’offre, ni la consommation”. Les effets s’avèrent désastreux, notamment en matière de santé publique et d’engorgement du système judiciaire.

Parallèlement, Eurotox (l’Observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie et à Bruxelles) estime que le marché illégal du cannabis engrange plusieurs dizaines de millions d’euros par an, en s’articulant avec diverses formes de criminalité, dont le trafic d’armes.

Les "cannabis social clubs" représentent une alternative réaliste et pragmatique à la prohibition, estiment les signataires de la pétition déjà avalisée par des criminologues et des juristes (Tom Decorte, de l’UGent ; Christine Guillain de Saint-Louis-Bruxelles ; Julien Pieret, de l’ULB) et par des députés (Eric Massin, PS ; Sophie Rohonyi, Défi ; Zoé Genot, Ecolo…)

Pas de but lucratif

Le modèle des écannabis social clubs" contribue à reprendre le contrôle d’un marché actuellement aux mains des réseaux criminels, en supervisant toute la filière de manière transparente. Ces clubs offrent un espace propice pour diffuser une information objective et fiable en matière de prévention et de réduction des risques. Les budgets consacrés à la répression (police, tribunaux, prisons) pourraient être réaffectés à une politique drogues plus équilibrée entre prévention, soins et poursuites des réseaux criminels.

Les "cannabis social clubs" ne poursuivent pas de but lucratif, ce qui permet de limiter les dérives d’un marché uniquement commercial, appuie la pétition.