Le gouvernement wallon, et plus spécifiquement sa ministre de la Santé Christie Morreale, ont imaginé un "plan d'action" régional qui devra veiller entre autres à ce que les structures d'accueil du sud du pays soient mieux armées face à une éventuelle recrudescence du coronavirus. Il s'agit d'une "note d'orientation qui tient compte des remarques des opérateurs de terrain", via laquelle on "essaye de tirer les premiers enseignements et de déjà prendre des premières mesures" en vue d'un possible "rebond", a expliqué en matinée la ministre au micro de Bel RTL. Reste à voir désormais comment mettre en place pratiquement les 13 mesures qu'il comporte, telles que communiquées un peu plus tard par son cabinet. Cela se fera en étroite collaboration avec les professionnels du terrain, promet Christie Morreale. Le plan d'action est d'ailleurs plus large qu'une réponse à la pandémie de coronavirus. Ses mesures doivent pouvoir servir à faire face à d'autres épidémies.

Parmi les mesures centrales figure la constitution d'un stock stratégique dynamique de matériel de protection au niveau de la Région. C'est déjà en cours, depuis que la société hennuyère Deltrian a commencé sa production de masques chirurgicaux. Il faut que le stock permette continuellement de couvrir "trois mois de besoins" en équipements de protection personnelle. Parallèlement, "chacune des collectivités résidentielles devra détenir un stock stratégique" propre, "couvrant ses propres besoins pour une même période".

La création d'équipes mobiles pluridisciplinaires est également prévue, des équipes de médecins, infirmiers et autres mobilisables en permanence pour venir conseiller les autorités locales quand de petits foyers se déclarent, dans des communes ou dans des structures d'accueil et d'hébergement spécifiques. Elles agiraient en complément des équipes d'intervention de l'Aviq.

Chaque maison de repos et chaque structure d'hébergement (pour personnes handicapées, etc.) devra aussi y mettre du sien et avoir son propre "plan d'urgence" prévoyant des liens avec les réseaux hospitaliers par exemple, et les "réflexes" à mettre en œuvre dès qu'une potentielle épidémie se fait jour. Il faudra aussi dans chaque structure, donc pas seulement les maisons de repos, une personne chargée d'être "coordinateur d'urgence", ainsi qu'un médecin de référence.

Les autres mesures vont de la création d'un "outil informatique de monitoring" de la situation dans les institutions d'hébergement à des renforts en personnel pour la cellule des maladies infectieuses de l'Aviq. Une cellule de crise verra le jour au sein de cet organisme d'intérêt public. Des protocoles de collaboration devront aussi être conclus entre acteurs-clés en cas de crise sanitaire, par exemple entre les hôpitaux et les structures d'accueil, etc.

Il s'agira aussi d'élargir la vaccination annuelle des adultes contre la grippe, car on craint une recrudescence du coronavirus combinée à la grippe saisonnière, l'automne et l'hiver prochains, communique le cabinet Morreale. Les experts recommandent de vacciner toutes les "personnes à risques de complications, professionnels du secteur de la santé, personnes vivant sous le même toit que les personnes à risques et personnes de 50 à 60 ans même si elles ne figurent pas dans les groupes à risques".