En France, un simple test réalisé en pharmacie permet de déterminer rapidement si un patient a été en contact avec le coronavirus. En Belgique, ce test n’est pas disponible et les personnes qui souhaitent se faire dépister doivent souvent traverser un long parcours semé d’embûches. C’est le cas d’Yvan, un jeune Bruxellois qui a rencontré nombre d’obstacles avant de pouvoir être fixé.

"Ma femme a eu des symptômes du coronavirus et a donc été mise en quarantaine forcée le temps d’avoir un diagnostic. Elle a dû se rendre à l’hôpital Brugmann où le test s’est avéré négatif. Ce qui aurait pu ressembler au Covid-19 était en réalité une simple pharyngite. Peu de temps après, j’ai développé les mêmes symptômes qu’elle : de la fièvre et des courbatures. Mon médecin traitant m’a demandé de passer le test à mon tour. Pas de chance pour moi, c’était le 20 juillet, veille de jour férié. Je me suis rendu à Brugmann en suivant l’horaire communiqué par mon médecin traitant. Une fois arrivé sur place, après avoir cherché longuement, je me suis rendu compte qu’il n’y avait personne. Mon généraliste m’a alors conseillé d’aller à Saint-Jean. Là, on m’a dit que je ne pourrais pas être testé avant le 27, soit une semaine plus tard. J’ai donc préféré retourner à Brugmann, trois jours plus tard."

De retour à Brugmann, il n’est pas encore arrivé au bout de ses peines. "J’ai dû faire la file debout pendant deux heures, entouré de personnes potentiellement malades. La plupart portait le masque sauf des fumeurs qui le retiraient le temps d’une cigarette. Les personnes dans la file s’échangeaient des regards soupçonneux. Une fois arrivé devant, je me suis rendu compte qu’il n’y avait qu’une personne pour s’occuper des tests. Pas étonnant d’avoir une file si longue dans ces conditions."

Le jeune homme n’en revient toujours pas. "Je trouve ça hallucinant, surtout en cette période de recrudescence du virus. Il y a tellement peu d’endroits où se faire tester quand on a des symptômes qu’on se retrouve à devoir traverser Bruxelles et à attendre plusieurs jours avant d’avoir un résultat. Les autorités devraient être plus réactives et mettre d’autres centres en place", soupire-t-il.

Par chance, le résultat est négatif. Mais Yvan a dû attendre une semaine avant d’être fixé. Autrement dit, une éternité en situation de pandémie d’un virus extrêmement contagieux et potentiellement mortel.