"S'il y a des pays qui maintiennent des stations ouvertes, il y aura des contrôles pour dissuader les Français" et pour "ne pas créer une situation de déséquilibre avec des stations en France", a expliqué le chef de l'Etat devant la presse après avoir reçu le Premier ministre belge Alexander de Croo.

"Nous aurons des mesures restrictives et dissuasives" qui "seront affinées dans les prochains jours avec le gouvernement et en fonction de la clause de revoyure qu'on a prévue vers le 11 décembre", a-t-il précisé.


Emmanuel Macron a dit comprendre "l'angoisse (...) des élus de montagne et des professionnels" et a assuré que tout était fait pour "pouvoir recommencer au plus tôt possible en janvier" les activités montagnardes "quand on aura une visibilité" sur l'épidémie de Covid-19.

Mais, a-t-il souligné, les stations sont "des lieux de brassage" où "il fait nuit à partir de 17 heures" et où "on se retrouve dans des lieux qu'on a loués à plusieurs. On sait que c'est comme cela qu'on s'infecte et donc on cherche plutôt à l'éviter" pour "ne pas sacrifier tous les efforts qu'on fait".

Sur l'ouverture des stations durant les vacances, "il faut de la coordination européenne" selon lui, parce que pour le moment, tous les pays ne sont pas "exactement alignés". Avec l'Allemagne, et probablement l'Italie, "on veut convaincre nos partenaires", comme la Suisse ou l'Espagne, de ne pas le faire.

Alexander de Croo a également jugé nécessaire "une solidarité entre pays" européens sur ce dossier et a prévenu que des contrôles seraient faits aux frontières de la Belgique pour les Belges qui iraient en vacances à l'étranger.

Face à la grogne des professionnels de la montagne, le gouvernement de Jean Castex a annoncé une série de mesures d'aides, notamment une indemnisation des remontées mécaniques fermées en décembre, et un dispositif de chômage partiel avec "un reste à charge zéro" pour les saisonniers.

La décision de fermer les stations a provoqué colère et inquiétude du secteur, relayées par de nombreux élus locaux.

"Il était important que la France et la Belgique se parlent urgemment" affirme Alexander De Croo

MM. De Croo et Macron ont en premier lieu évoqué la pandémie de coronavirus, mais aussi la lutte contre le terrorisme, l'énergie, le climat ou encore les relations extérieures de l'Europe, et plus particulièrement un "nouvel agenda" avec les Etats-Unis ainsi que l'accord sur le Brexit.

Le chef du gouvernement belge s'est aussi félicité de la coopération au sein de l'Union concernant la crise sanitaire. "On a préfinancé des projets et les résultats arrivent, la mutualisation des efforts est un vrai succès."

Le président Macron a renchéri en annonçant qu'après une première phase destinée au personnel des soins de santé et aux publics plus vulnérables - comme c'est prévu en Belgique -, une campagne de vaccination à grande échelle débuterait au printemps.

Au sujet sensible des vacances d'hiver, Alexander De Croo a rappelé qu'il "appréciait beaucoup" la position française, et notamment le fait décourager les voyages vers les stations de ski en imposant la fermeture des remontées mécaniques.

Le président Macron a ajouté que des mesures "dissuasives et restrictives" seraient mises en place pour ceux qui seraient tentés d'aller s'adonner aux plaisirs de la glisse dans des pays voisins.