"Essayons d'avoir une Belgique qui fonctionne avec quatre Régions", a expliqué le président des socialistes francophones sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi). Deux jours plus tôt, interrogé sur la VRT, M. Magnette déclarait: "Deux Communautés à Bruxelles, ça n'a pas de sens pour nous", avant de plaider pour un enseignement bilingue dans la capitale.

Cet effacement des Communautés -compétentes pour l'enseignement, la culture, les médias et les matières dites personnalisables- dans la capitale se traduit à ses yeux par l'évolution du sentiment des néerlandophones de Bruxelles qui se disent de plus en plus Bruxellois avant tout.

"Trop longtemps, Bruxelles a été dominée par le choix des autres", a-t-il ajouté.

Le sort de Bruxelles a été également été évoqué samedi par le président de la N-VA, Bart De Wever, dans les colonnes de l'Echo et du "Tijd". Les nationalistes avaient élaboré durant l'été un projet de compromis avec les socialistes incluant un volet institutionnel mais le refus des libéraux et des écologistes ne lui a pas permis de recevoir un soutien suffisant, et a signifié le rejet de la N-VA dans l'opposition. Le dirigeant nationaliste conserve toutefois l'idée d'aboutir à un "compromis historique" avec le PS en 2024.

Deux points essentiels devront être réglés d'après lui: le financement de la nouvelle structure de l'Etat et la Région-capitale. "Une autre question est de savoir ce que l'on fera de Bruxelles dans cette nouvelle structure. Bien sûr, les francophones veulent mettre la main sur la capitale. Chaque année, leur ambition en la matière augmente en raison de la transformation que connaît Bruxelles. Celle qui était historiquement une ville flamande est devenue une ville cosmopolite sans leitkultur (culture dominante, NDLR), avec un penchant de plus en plus marqué pour une gestion de type 'ville-État'. Ce sont les deux choses essentielles dont nous devrons discuter et pour lesquelles nous devrons trouver un compromis historique", a-t-il déclaré.

Les Verts se montrent preneurs d'un débat "sans tabou" sur les institutions bruxelloises. Ils avaient d'ailleurs soutenu l'idée d'un enseignement bilingue dans la Région en 2019, au cours du débat sur la liste des articles de la Constitution ouverts à révision.

"Bruxelles a besoin d'une politique efficace et représentative. La question centrale est la suivante: comment organiser une politique de manière telle qu'elle tienne compte de la diversité d'une ville aux cultures du monde entier, d'une capitale belge et européenne? ", a tweeté dimanche la ministre bruxelloise Elke Van den Brandt. Et d'ajouter: "Bruxelles rassemble la complexité belge. Réexaminer le rôle des Communautés, des Régions et des communes sans tabou est nécessaire. Ensemble, avec les Bruxellois et pas au-dessus de nos têtes".

Les libéraux flamands, qui siègent aux côté des écologistes et des socialistes au gouvernement bruxellois, ont apporté leur soutien à l'idée développée par M. Magnette. "D'accord avec Paul Magnette. Bruxelles est une ville cosmopolite que l'on ne peut plus diriger depuis les autres Communautés. Une entité propre (à Bruxelles, ndlr) + niveau local. Ce serait plus efficace", a tweeté le président de l'Open Vld, Egbert Lachaert.

Le CD&V, défenseur historique des Communautés, y est en revanche opposé. "Nous sommes totalement opposés à cette idée. C'est important que les deux Communautés continuent à investir dans les écoles, les crèches, le bien-être et la culture. La Flandre investit aujourd'hui un milliard à Bruxelles. Si les Communautés disparaissent, ce ne sera plus le cas", a réagi le ministre flamand des affaires bruxelloises, Benjamin Dalle.