Alors que les tendances à la baisse observées pendant plusieurs semaines dans notre pays semblent prendre fin, les experts commencent à s'inquiéter. Craignant un rebond épidémique en cette fin d'année, ils sont nombreux à tirer la sonnette d'alarme et à demander une rapide réaction des autorités. "En l'état actuel, on ne peut plus attendre pour adopter de nouvelles mesures", a notamment plaidé Dirk Devroey (VUB) à nos confrères de HLN. 

Il a ainsi comparé la situation à une prise d'otages. "Est-ce que quelqu'un accepterait que l'on reste les bras croisés pendant qu'une personne est abattue toutes les 14 minutes?", s'est interrogé le professeur de médecine générale. Or c'est ce que nous connaissons actuellement: quelqu'un meurt toutes les 14 minutes parce que certains ne suivent pas les règles." Agitant le spectre d'une troisième vague, le scientifique a estimé qu'il fallait à tout prix reprendre le contrôle dès maintenant et ne pas répéter les erreurs du passé. "Les médecins avaient mis en garde quant à une seconde vague presque des mois avant son arrivée, mais les autorités ont tardé à prendre les décisions qu'il fallait, a-t-il commenté à HLN. Si nous reproduisons cette erreur aujourd'hui, il sera de nouveau trop tard." 



Pour Dirk Devroey, il est primordial d'atteindre le stade des 800 contaminations par jour fixé par le gouvernement, qui pourrait permettre de ne pas faire face à une nouvelle flambée et de relancer l'économie. Malheureusement, au vu des dernières évolutions, la Belgique ne devrait pas atteindre ce seuil avant trois mois (et non à la fin du mois de décembre, comme prévu à l'origine par le centre de Crise), selon le professeur de la VUB. Le comportement des Belges expliquerait en partie cette nouvelle échéance. "Une partie de la population n'a pas le sens des responsabilités, a-t-il regretté. Il y a beaucoup de trafic, les gens passent de grosses commandes chez les traiteurs et les bouchers. Ils se rencontrent à 20 dans les forêts, apportent des boissons et y organisent des fêtes." 

Concernant les dernières données de Sciensano pointant un nombre de contaminations qui grimpe sur le lieu de travail, l'expert a estimé qu'il n'y avait d'autre solution que d'insister davantage sur le télétravail. Comme les autres mesures, cette règle n'est pas assez contrôlée et donc pas assez respectée, selon M. Devroey.