La situation épidémiologique s’améliore, mais pas suffisamment pour permettre à tous les métiers de contact non médicaux de redémarrer. C’est sur base de ce constat que le Comité de concertation (le Codeco, qui réunit les différents gouvernements du pays) a décidé, vendredi, d’autoriser la réouverture des seuls salons de coiffure le 13 février, dans le respect de protocoles sanitaires très stricts.

Les autorités misent sur une approche "par étapes", selon le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD). C’est pourquoi les autres professions de contact (les salons de beauté et de bien-être au sens large ou les tatoueurs) devront patienter jusqu’au 1er mars. Cette date est certaine, sauf nouvelle flambée des contaminations.

Le Codeco du 22 janvier avait programmé au 13 février la reprise des métiers de contact non médicaux, à condition que l’épidémie de coronavirus poursuive sa décrue à un rythme suffisamment rapide. Sur base des analyses des experts, les gouvernements ont estimé que la situation épidémiologique est "mitigée". Le choix a donc été fait de donner la priorité aux salons de coiffure, qui représentent près de la moitié des travailleurs dans les professions de contact, selon le ministre des Indépendants, David Clarinval (MR).


Un Codeco dans trois semaines

"Nous donnons enfin des perspectives aux métiers de contact, même si la réouverture se fait en deux temps. Cette décision est importante aussi pour le bien-être de la population", s’est réjoui M. Clarinval à la sortie du Codeco. Celui-ci annonce aussi qu’"un rapport a été demandé au Gems (les experts du gouvernement, NdlR) pour le vendredi 26 février afin de donner des perspectives aux secteurs encore fermés", en particulier l’Horeca, la culture et l’événementiel. "On ne les oublie pas", clame le ministre. Un nouveau Comité de concertation aura lieu le 26 février pour faire le point.

Dans le même esprit, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement a demandé aux experts de préparer "une feuille de route" pour la sortie de crise, en tenant compte des aspects épidémiologiques, mais aussi de la vaccination. "On perçoit la lassitude de la population vis-à-vis des mesures. Je la comprends. C’est lourd à porter, a dit M. De Croo. Je veux être très clair : on ne va pas garder ces mesures très contraignantes un jour de trop !" Dès qu’un assouplissement sera possible, "on le fera", a priori "lorsqu’une partie assez importante des personnes vulnérables sera vaccinée" .

Dans l’intervalle, l’étau se desserre déjà autour de certains secteurs. Dès le 13 février, les agents immobiliers pourront à nouveau faire visiter des biens en présence de leurs clients (pour le moment, l’agent doit rester dehors pendant la visite). Quant aux parcs zoologiques, ils rouvriront à la même date.

Un système de sanctions pour les voyageurs

Enfin, les clubs de vacances (avec camping, bungalows ou maisons de vacances) peuvent rouvrir dès ce lundi 8 février. C’est la conséquence d’un arrêt du Conseil d’État selon qui la différence faite entre les secondes résidences et les clubs de vacances ne se justifie pas. Les services de restauration - à l’image de l’Horeca - et autres facilités communes resteront toutefois fermés.

Enfin, le Premier ministre et le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), ont salué le respect des mesures par les Belges. La pandémie de coronavirus reste ainsi sous contrôle, malgré la multiplication de variants qui font dévisser la situation dans plusieurs pays européens. M. Vandenbroucke a même parlé d’un "modèle belge". Mais il a prévenu : "La minorité qui ne respecte pas les règles ne pourra pas le faire sans être punie."

Dans son viseur : les gens qui voyagent à l’étranger et soumis à des mesures spécifiques (quarantaine, formulaire de suivi, tests). Le retour de vacances est en effet un moment critique en termes de contaminations. Dans l’état actuel de la situation, le contrôle de ces mesures est très limité, voire inexistant. Mais, "au plus tard pour le 1er avril", avant les vacances de Pâques, "un système de sanctions sera mis en place", a conclu le ministre de la Santé.