Pour comparer la situation à laquelle nous sommes confrontés, soit la crise du coronavirus, à une situation normale ou une situation critique précédente (fortes épidémies de grippe, canicules, etc.), les scientifiques étudient les chiffres de la surmortalité. Effectivement, des personnes ayant succombé au coronavirus auraient pu succomber à une grippe ou même passer l’arme à gauche de mort naturelle.

Pour avoir une vue plus claire de la surmortalité liée au coronavirus, ces experts comparent donc les semaines actuelles à celles du passé. Cela permet de prendre un peu de recul, de mettre les chiffres en perspective.

On constate que depuis le 16 mars, le nombre de décès en Belgique toutes causes confondues augmente de manière significative, avec 2.540 décès pour la douzième semaine de l’année (reprise dans les tableaux ci-dessous sous l’intitulé "2020-W12", pour 12e semaine), soit la semaine du 16 mars. Ces chiffres, publiés par Sciensano, se basent sur le Belgium Mortality Monitoring.

2.540, cela représente 625 décès supplémentaires (+11,6%) en comparaison avec la même période des cinq dernières années. Ces données préliminaires "sont déjà proches ou supérieures aux maximum des hivers précédents".

Pour la semaine suivante (semaine 13), l'excès de mortalité atteint 41% (+923) et même 76,7% la semaine d'après.

Entre le 16 et le 29 mars, 1.188 décès supplémentaires à ce qui était attendu sur base des cinq dernières années ont été constatés. Parmi ceux-ci, 641 en plus ont été notés chez les 65-84 ans et 481 chez les plus de 85 ans. La moyenne journalière des décès est en hausse depuis le 1er février, avec 341 par jour. En Belgique, la moyenne journalière des décès en hiver est d'environ 324 par jour.

© sciensano

Sciensano présente également une comparaison des chiffres avec ceux de 2018, année marquée par une épidémie de grippe plus intense et des conditions environnementales rudes. Il en ressort que durant l'hiver 2017-2018, le nombre maximum de décès sur une journée était de 465 (7 mars 2018), quelques jours après la vague de froid et en pleine semaine du pic de l'épidémie.

Entre les semaines 9 (fin février) et 14 (fin mars) de 2018 et 2020, le nombre total de décès toutes causes confondues augmente de 2,39% (16.281 en 2020 contre 15.900 en 2018). L'écart risque cependant de se creuser les prochaines semaines en raison de l'épidémie de Covid-19 qui se poursuit.

© sciensano

Concernant les décès en maisons de repos, ils augmentent chaque semaine et dépassent déjà largement la moyenne des décès des années 2012 à 2016, ajoute l'institut de santé.

Si ces données sont déjà proches ou supérieures au maximum des hivers précédents, il s'agit bien de chiffres préliminaires, "qui devront être complétés (2 à 3 semaines d'attente pour obtenir une exhaustivité de plus de 95%)", précise Sciensano.