Depuis le début du mois de novembre, un réseau de 8 plateformes fédérales est venu remplacer l’ancien réseau mis en place en mars-avril, qui impliquait l’ULiège et des firmes pharmaceutiques venues en renfort des laboratoires de biologie clinique. Ces huit nouvelles plateformes (incluant la plateforme de l’ULiège, seule issue de la première organisation) sont des laboratoires pilotés par un laboratoire clinique en collaboration avec une Université. Elles sont élaborées sur un modèle commun à haut débit, qui permet d’atteindre 7000 tests PCR par jour sur chaque plateforme – capacité qui sera atteinte progressivement début décembre.

Et depuis ce lundi 23 novembre, un changement est à noter dans notre stratégie de testing. Toutes les personnes asymptomatiques mais considérées comme "à haut risque" de contamination au coronavirus, dont les personnes revenant de l’étranger, seront en effet à nouveau testées par la méthode PCR à partir de lundi prochain, au jour 7 qui suit le jour du contact à haut risque, a annoncé vendredi le commissaire corona du gouvernement fédéral. Un "changement très important pour la suite", juge Jean Ruelle, professeur de virologie.

“Cela va permettre de beaucoup mieux tracer les cas contacts, ce que nous avions arrêté de faire pour différentes raisons. Tout d’abord, la capacité ne le permettait pas et il y avait un risque d’engorgement, surtout que durant le pic épidémique dans lequel nous étions, il était important de diagnostiquer ceux qui sont infectés avant les contacts. Mais maintenant, nous avons les moyens d’aller plus loin, il va d’ailleurs être fondamental de tracer les asymptomatiques, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas les symptômes mais qui sont contact à haut risque, quand ils ont fréquenté quelqu’un de positif ou malade. S’ils sont dépistés au plus tôt, il seront ainsi placés en quarantaine et donc on pourra couper la chaîne de transmission. Et passer de cinq à sept jours permet d'offrir une sécurité supplémentaire", explique celui qui est aussi chercheur au pôle de microbiologie médical de l’institut de recherche expérimentale de l’UCLouvain.

Un délai maximal de 24 heures et une capacité maximale prévue pour décembre

Concrètement, ces plateformes vont fonctionner sept jours sur sept et permettront de délivrer le résultat des tests de manière beaucoup plus rapide : elles ne devraient plus dépasser le délai maximal de 24 heures. Elles vont travailler avec des centres ou villages de tests, ou tester des communautés lorsque le besoin s’en fait sentir (maison de soins, prisons, écoles,…). 

Elles pourront aussi absorber un éventuel surplus d’échantillons que recevrait un laboratoire de biologie clinique classique, agissant ainsi en support des structures existantes. Les priorités étant établies en amont, les plateformes testeront l’ensemble des tests reçus. C'est grâce à cette capacité que nous serons donc en mesure de tester à nouveau l’ensemble des cas et leurs contacts, même s’ils sont asymptomatiques. Dans quel objectif ?

“Nous sommes en pleine phase de croissance. Une fois en décembre, date à laquelle les derniers équipements seront livrés, la capacité sera opérationnelle et maximale. Chacun des huit centres pourra ainsi 60.000 tests quotidiens en plus de la capacité des laboratoires hospitaliers et bio-cliniques qui continueront de tourner. On sera donc à un chiffre de 90 voire 100.000 tests réalisés par jour”.

Et si les réactifs manquaient à une certaine période dans l'optique de tester massivement la population au quotidien, qu'en est-il actuellement ? “L’état fédéral a négocié toute une série de contrats et a assuré un approvisionnement via la nouvelle plateforme, ce qui fait que la situation est davantage sous contrôle. Toutefois, il y a des manques concernant des tubes en plastique, le marché international est sous pression donc il faut trouver différents créneaux”.

Plus besoin de consulter son médecin

En pratique, cela signifie que les personnes identifiées comme contacts à haut risque d’une personne infectée et qui ne présentent pas elles-mêmes de symptômes obtiendront, par le biais du système de recherche des contacts, un code pour réaliser un prélèvement d’échantillon. Si le contact à haut risque a eu lieu dans une collectivité (par exemple une école ou une entreprise), le médecin coordinateur de cette collectivité sera responsable pour générer ce code, ont précisé les services du commissaire fédéral Pedro Facon dans un communiqué.

Les citoyens qui reviennent d’une zone rouge à l’étranger doivent remplir le Formulaire de localisation du passager ("Passenger Locator Form") qui évalue le risque encouru. Ces personnes peuvent utiliser ce code pour se rendre dans un centre de tri et de prélèvement, où l’échantillon est prélevé pour un test PCR, le 7e jour qui suit le jour du dernier contact à haut risque ou après leur retour en Belgique. Pour ce faire, elles peuvent prendre un rendez-vous via l’outil de réservation accessible via www.MaSante.be. Le résultat du test sera également disponible via ce site.