Invités de Questions en Prime ce mardi soir la RTBF, Yves Van Laethem et Leïla Belkhir sont revenus sur le fait que le gouvernement belge n'avait plus de calendrier de déconfinement . Et chez les deux experts, le son de cloche est le même: les Belges ont besoin d'une feuille de route avec les étapes qui nous mèneront vers la fin du confinement.

"La situation est relativement stable au niveau des hôpitaux, il est temps d'envisager des perspectives et de donner un peu d'espoir", s'est exprimée l'infectiologue des cliniques de Saint-Luc, saluant le fait que la majorité des gens continuent de suivre les mesures sanitaires imposées. "Il y a une prise de conscience générale, et des groupes de travail, comme le GEMS (Groupe d’Experts de stratégie de crise pour le Covid-19, ndlr), réfléchissent à des assouplissements", a-t-elle poursuivi, avant d'être rejointe dans ses propos par le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus.

"On a la chance d'être dans une situation relativement calme pour le moment, c'est le point positif . Le point négatif, c'est qu'on est tout de même plus haut que ce que l'on pensait", a-t-il embrayé, "Et on sent dans la population en général une envie 'd'autre chose'". Pour Yves Van Laethem, la population a en réalité besoin de savoir où elle voit en terme de lutte contre la pandémie. Il pense "qu'il faut donner des perspectives plus claires que ce qu'on donne pour l'instant", c'est-à-dire que les Belges doivent savoir "vers où on va, pourquoi on y va et quel est le timing qu'on a pour y aller". L'expert préconise de proposer plusieurs étapes, qui pourraient être modifiées en cours de route si tel ou tel facteur le nécessite, mais qu'au moins soit présentée une vue sur du plus long terme, "bloc par bloc".

"Il manque un baromètre. On ne sait pas où on en est", a rétorqué Leïla Belkhir, qui se dit que la population est perdue au milieu d'un flot d'informations et d'indicateurs sur la pandémie: "On entend tout. On parle de cas, d'hospitalisations, et puis maintenant de vaccination. Il faudrait avoir une idée, un code couleur ou un baromètre comme ça avait été évoqué, pour qu'on puisse se situer, voir si on est dans le bon ou pas, s'il faut faire plus attention ou si on peut avoir plus de liberté". L'infectiologue est persuadée que cela pourrait aider la population à tenir dans cette période difficile.