De nouvelles statistiques géographiques de l'Inami, pondérées par l'âge, le sexe et le niveau socio-économique des populations, font apparaître que les dépenses de soins de santé sont moins élevées en Région bruxelloise qu'en Wallonie et qu'elles sont le plus élevées en Flandre.

Les responsables de l'Inami restent cependant fort prudents envers ces résultats qui, en l'état, ne permettent pas, insistent-ils, de tirer des conclusions concernant d'éventuelles sur ou sous-consommations en matière médicale.

Etablies pour l'année 2006, les nouvelles statistiques "standardisées" tenant compte d'un indice de moyenne nationale de dépenses de 100, relèvent une moyenne de 97,5 (1.672 euros par affilié à l'Inami) à Bruxelles, 100,9 (1.730 euros) en Wallonie et 101,3 (1.737 euros) en Flandre.

Jusqu'à présent, l'Inami ne disposait que de chiffres bruts de dépenses en soins de santé (rapports Jadot et autres). Les nouvelles données "standardisées" tiennent compte des variations géographiques selon des facteurs objectifs, comme la structure de la population (âge, sexe, composition socio-économique) qui peuvent influencer les statistiques. Cela permet de "gommer" certaines variations qui pouvaient fausser la mesure de la consommation en matière de soins de santé.

Ainsi, par exemple, si l'arrondissement d'Arlon paraît dépenser plus que les arrondissements voisins selon les données brutes, les chiffres standardisés le replacent en-dessous de cette moyenne. Ils tiennent compte du fait que seules les personnes âgées cotisent à l'Inami, les plus jeunes travaillant au Luxembourg ou en France et étant affiliés aux mutuelles de ces pays. Un phénomène qui joue dans d'autres arrondissements frontaliers.

Les chiffres et tableaux font également apparaître de fortes disparités entre arrondissements au sein d'une même Région ou entre Régions selon le type de soins étudié. Même après standardisation, Eekloo et Huy apparaissent fort dépensiers en matière de soins de santé.

Mais selon les responsables de l'Inami, il s'agit, ici aussi, d'un effet d'optique: les deux arrondissements comptent peu d'affiliés et la présence de deux hôpitaux psychiatriques et de nombreuses maisons de repos (où nombre d'occupants venus d'ailleurs son domiciliés) dans l'arrondissement flamand explique le phénompène.

A Huy, le nombre élevé de maisons de repos est aussi en cause mais l'étude relève que l'arrondissement présente une dépense relativement élevée dans presque tous les postes de dépenses analysés. Pour les dépenses en résidences et communautés, la Wallonie présente un indice 95,9, la Flandre 101,5 et Bruxelles 101,9.

La cassure nord-sud est nette en matière de médicaments destinés à soigner l'hyperactivité des jeunes: la Flandre est à l'indice 153, pour 38 en Wallonie et 34 à Bruxelles. Les médecins flamands prescrivent-ils trop de ces médicaments ou les wallons pas assez? , s'interroge l'Inami. En revanche, les dépenses concernant le "Maximum à facturer" sont à l'indice 112 en Wallonie pour 94 en Flandre et 92 à Bruxelles.

Pour élaborer leur étude, l'expert de l'Inami Rodrigo Ruz Torres et le directeur général des soins de santé, Ri De Ridder, ont appliqué deux méthodes de standardisation. L'une, dite indirecte, applique à chaque entité géographique, par strate d'âge, de sexe et de statut social (bénéficiaire ou non de l'intervention majorée), la dépense moyenne nationale. La méthode directe applique la structure de population nationale à chaque entité.

Selon les auteurs, ces deux méthodes donnent des résultats qui diffèrent mais qui vont grosso modo dans la même direction. Ils estiment toutefois que la méthode directe convient mieux aux objectifs géographiques de l'étude réalisée.

L'Inami publiera tous les ans une actualisation de ce travail. En attendant, les spécialistes s'efforcent de réaliser des analyses plus fines des résultats pour essayer d'identiier d'éventuels cas de sur ou de sous-consommation.