Le chercheur de l'ULB, Souhail Chichah, qui fait l'objet d'une instruction disciplinaire après avoir initié une action qui a conduit à l'interruption du débat sur l'extrême droite organisé mardi soir à l'université, s'est dit "serein" par rapport à cette commission disciplinaire.

"L'ULB va être mise face à ses contradictions et elle devra assumer sa grossière erreur face à l'opinion publique", a-t-il commenté. Le débat intitulé "L'extrême droite est-elle ou non devenue fréquentable? " a été perturbé à plusieurs reprises par un groupe de 40 à 60 personnes voulant dénoncer "l'islamophobie" de Caroline Fourest, l'une des invitées. Plusieurs personnes, vêtues de keffiehs et de burqas, ont scandé en boucle des slogans, empêchant la bonne tenue du débat. Celui-ci a finalement été interrompu par le modérateur, Guy Haarscher, et le recteur de l'université, Didier Viviers.

"J'ai moi-même été censuré par le recteur lors d'une conférence que je devais donner en septembre dernier. Des membres du corps académique, dont un était proche du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), avaient à l'époque chahuté cette conférence et, eux, n'ont jamais été inquiétés. Il y a donc clairement une politique de deux poids et deux mesures dans le chef des autorités universitaires en fonction de l'origine sociale", explique Souhail Chichah.

Le chercheur assume en outre parfaitement sa participation au chahut d'un débat auquel devait participer une "islamophobe". "L'Université a une longue tradition de chahut et c'est là un signe de vivacité intellectuelle", estime-t-il.

La vidéo de l'incident a été tournée par @gillesdej