Des militants de l'aile belge du mouvement "Nuit debout", rejoints par des militants français, comptent passer la nuit de mardi à mercredi sur le rond-point Schuman, à la suite de la manifestation contre les traités transatlantiques CETA et TTIP qui s'est tenue en fin d'après-midi rue de la Loi à Bruxelles, a annoncé Kim Le Quang, l'un des organisateurs. A la suite des discours prononcés par les organisateurs de la manifestation Stop TTIP et le secrétaire général de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), une soirée DJ anime la place Schuman, en face du siège de la Commission européenne, à Bruxelles. L'ambiance y est festive et bon enfant.

En parallèle, une soirée "Nuit debout" a débuté vers 20h30 sur le rond-point Schuman par un débat sur les traités de libre-échange transatlantiques incriminés par les manifestants. Des concerts et des discours animeront la soirée.

Les militants ont ensuite prévu de passer la nuit sur place, au milieu du rond-point, qui sera rouvert à la circulation à partir de 23h00, comme demandé par la police.

Mercredi matin à 09h00, ils mèneront une action "Make some noise", qui consiste à accueillir bruyamment les négociateurs des traités CETA et TTIP. Un point presse est prévu juste avant cette manifestation, à 08h30.

"Nuit Debout" est né le 31 mars sur la place de la République à Paris pour protester contre la réforme de la loi travail française. Une aile belge s'est créée dans la foulée.


Une marée de manifestants rue de la Loi

Entre 9.000 et 15.000 personnes ont défilé mardi après-midi entre le carrefour Arts-Loi et la place Schuman à Bruxelles pour manifester contre les traités de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada d'une part (CETA) et les Etats-Unis d'autre part (TTIP). Le cortège a démarré au carrefour Arts-Loi vers 17H15. Les premiers manifestants ont atteint vers 18H30 la place Schuman où est notamment situé le siège de l'exécutif européen.

La police de Bruxelles-Capitale - Ixelles a recensé 9.000 participants alors que le CNCD-11.11.11 qui chapeautait l'organisation de l'événement, avançait un bilan de 15.000 personnes.

La manifestation est soutenue par les syndicats et les mutualités et par plusieurs associations dont La Ligue des Droits de l'Homme, Test-Achats, Tout Autre Chose, Greenpeace ou encore la Fédération des Étudiants Francophones (FEF). Une délégation d'agriculteurs de la Fédération Unie de Groupements d'Éleveurs et d'Agriculteurs (Fugea) était également présente.



Plusieurs partis politiques représentés

Plusieurs partis politiques, élus et militants, ont sorti leurs drapeaux rue de la Loi à Bruxelles, alors qu'ils prenaient part mardi à la manifestation contre les traités de libre-échange transatlantiques TTIP (avec les Etats-Unis) et CETA (avec le Canada). "Au début de la contestation, nous étions seuls. Aujourd'hui, certains sentent le souffle chaud du PTB dans leur cou et sont présents", a ironisé Raoul Hedebouw, député fédéral pour la formation de gauche radicale. "On le voit: les lignes bougent. Les dirigeants européens sont mis sous pression."

Les partis socialistes, francophone et flamand, étaient également représentés. "Nous ne voulons pas que certains gagnent à un haut niveau et que tous les autres perdent plus bas", a lancé le député sp.a Dirk van der Maelen. Au PS, les élus relèvent cinq problèmes fondamentaux au sein de ces deux traités en cours de négociation dont le fait qu'ils constituent un danger pour les PME et l'agriculture.

Les Verts étaient présents en masse. "Il existe toujours une majorité pour soutenir le CETA", a fait valoir le député européen Ecolo Philippe Lamberts. "Ces traités sont des machines de guerre au profit du big business." L'élu a également taclé la commissaire européenne Cecilia Malmström. "Elle dit que si l'on est contre ces traités, c'est que l'on est trop cons. Non, c'est justement parce que l'on a bien lu le texte que nous sommes contre." La présidente de Groen, Meyrem Almaci, a dit pour sa part souhaiter "du respect pour la base."

Le cdH était également présent. "Il n'y a pas de travail politique sans mobilisation citoyenne derrière", a lancé le député européen Claude Rolin qui a salué la position du gouvernement wallon, auquel son parti participe, "qui permet d'empêcher au CETA d'avancer".


Les syndicats expriment leurs craintes pour les droits des travailleurs

Le front commun syndical, CSC, FGTB et CGSLB, prend part mardi à la manifestation qui se tient rue de la Loi à Bruxelles contre les traités de libre-échange transatlantiques CETA (avec le Canada) et TTIP (avec les Etats-Unis). Il exprime ses craintes pour les droits des travailleurs, si ces traités sont conclus en l'état. "Il est important de marquer notre présence ici", a indiqué Thierry Bodson, secrétaire général de l'Interrégionale wallonne de la FGTB. "Le combat a débuté il y a un peu plus de trois ans. Aujourd'hui, la mobilisation donne de l'espoir." M. Bodson a également souligné le "bon signal" lancé par le gouvernement wallon, qui s'oppose à ces deux traités. "Maintenant, des ministres français et allemands expriment aussi leurs doutes. On le voit."

Le secrétaire national de la CGSLB, Olivier Valentin, a exprimé ses craintes quant à un recul des droits sociaux si les traités étaient adoptés. "Le système proposé pourrait conduire à une mise sous pression des conventions collectives de travail", a-t-il averti. "Une multinationale pourrait en effet contester via les tribunaux d'arbitrages certains accords conclus par les partenaires sociaux."

Pour Marc Leemans, président de la CSC, "ce traité est inacceptable. On le voit, la société civile est inquiète et les syndicats soutiennent leur initiative. Les gens se posent beaucoup de questions sur l'organisation de la société qui est proposée par ces traités."

Le front commun syndical organise une manifestation nationale le jeudi 29 septembre contre les mesures du gouvernement fédéral.