Quelque 120 000 plaintes liées au survol de Bruxelles et de ses environs ont été enregistrées en 2016.

Le dossier des nuisances sonores dans le ciel bruxellois semble s’être endormi. Malgré les remontrances flamandes, le régime répressif de la Région-Capitale s’est bel et bien renforcé. Mais les longs mois de procédure nécessaires avant d’aboutir à la perception réelle des amendes infligées aux compagnies aériennes trop bruyantes laissent un peu de répit.

Les désagréments pour les riverains ne connaissent, eux, pas de temps morts. L’an dernier, 120 017 plaintes ont été instruites par le service (indépendant) de médiation de l’aéroport, selon son rapport annuel présenté mercredi. Un total à imputer à seulement 2 479 requérants, précise également le médiateur en chef, Philippe Touwaide.

En 15 ans, le service aura traité plus de 14 millions de plaintes. "Les quatre premiers mois de 2017 confirment, malheureusement, la hausse du nombre de plaintes avec une moyenne mensuelle de 10 et 15 000 plaintes introduites", note le médiateur. En 2014, c’était 89 000 dossiers, presque 108 000 en 2015.

La liberté de se plaindre

Cette augmentation sensible, récente et continue n’est, à écouter Philippe Touwaide, pas étrangère à son retour au service de médiation. Durant son détachement décrié au cabinet de Melchior Wathelet, alors secrétaire d’Etat CDH sous la précédente législature, les plaintes auraient été découragées. "J’ai réintroduit la liberté de se plaindre", plastronne M. Touwaide. "Et comme je ne suis pas médiocre, je réponds à toutes les sollicitations… Je ne serai jamais médiocre", ajoutait-il modestement.

Chargé de réceptionner les plaintes, de les traiter et d’offrir une explication aux plaignants, le service de médiation a également recueilli des propositions de solution au problème du survol. On y trouve pêle-mêle le transfert ailleurs de l’ensemble de l’activité aéroportuaire et la fermeture de Bruxelles National, la suppression des activités nocturnes de l’aéroport, une nouvelle répartition équitable du survol ou encore la création d’un couloir aérien unique où seraient expropriés les habitants. "Il n’existe aucune solution miracle au dossier du survo l", assure Philippe Touwaide qui plaide pour un "développement harmonieux et durable de l’aéroport", tranchant avec la "succession trop rapide de décisions politiques souvent contradictoires", qu’a connu le dossier ces dernières années.

Le médiateur salue Belgocontrol qui lui a promis des engagements supplémentaires dès cette année et fustige par contre l’attitude d’Arnaud Feist. Il accuse le patron de Brussels Airport Company de ne pas transmettre les informations demandées par la médiation et de ne pas fournir au médiateur un badge d’accès à l’aéroport. Une situation jugée inadmissible par M. Touwaide qui menace de s’adresser à la justice pour obtenir le précieux sésame.