Tout au long du week-end, alors que la fièvre des achats de Noël ne s'est pas démentie et que gares et aéroport de Bruxelles-National étaient noirs de monde en partance pour les vacances, la présence policière est demeurée importante à Bruxelles et ailleurs en Belgique.

Les patrouilles surveillaient de près les endroits les plus sensibles, à la suite de la mise en garde, vendredi (LLB des 22 et 23 décembre), de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM). Celui-ci disposait (et disposerait toujours) d'éléments selon lesquels un attentat pourrait être en cours de préparation en Belgique.

C'est la raison pour laquelle les services de police ont été appelés à exercer une surveillance accrue des lieux publics, particulièrement à Bruxelles.

A la fin du week-end, les mesures de sécurité décrétées vendredi demeuraient d'application. "Il n'y a aucune raison de lever ces mesures qui restent d'application jusqu'au 2 janvier", a indiqué Jaak Raes, directeur général de la cellule de crise du ministère de l'Intérieur.

Plusieurs alertes

Lequel a indiqué que vendredi et samedi, la cellule a reçu pas mal d'appels pour des objets abandonnés et des comportements suspects.

Le service de déminage est intervenu plusieurs fois, notamment pour un véhicule garé devant l'ambassade américaine à Bruxelles et dans les stations de métro.

On lira ci-contre que, dans une lettre adressée au quotidien "La Dernière Heure", Nizar Trabelsi, condamné pour terrorisme et au sujet duquel couraient des rumeurs d'évasion à l'origine des annonces de menace terroriste, affirme n'avoir jamais nourri de tels projets. Cette lettre n'a pas influencé les membres de la cellule de crise. "Tout le monde a le droit de s'exprimer. Mais nous disposons d'informations qui reposent sur des analyses professionnelles et nous prenons des mesures sur la base de notre enquête judiciaire générale", a indiqué Jaak Raes.

Libérés

Quoi qu'il en soit, les quatorze suspects interpellés vendredi dans le cadre de l'enquête sur cet éventuel plan d'évasion ont tous été libérés samedi.

L'enquête se poursuit néanmoins, a précisé Lieve Pellens, porte-parole du parquet fédéral. "Il existait suffisamment d'indices d'existence d'une menace terroriste, raison pour laquelle nous n'avons pas hésité à faire appréhender les suspects", a-t-elle indiqué. Selon elle, l'absence de mandats d'arrêt et la relaxe générale ne constituent pas une surprise. Les conditions (cumulatives) qui justifient la délivrance d'un mandat d'arrêt n'étaient, semble-t-il pas, réunies, a précisé Mme Pellens,

Au cours de l'opération policière de vendredi, 15 perquisitions ont été menées, débouchant sur des saisies de documents et de matériel informatique. Ni armes ni explosifs n'ont été trouvés.

Parmi les suspects interpellés figure la veuve d'un des assassins du commandant Massoud, la Belge Malika el-Aroud.

(avec Belga)