Sven Mary, l'avocat de Salah Abdeslam, s'est confié à nos confrères français du journal Libération. Il n'y va pas de mainmorte dans sa description de son client.

L'avocat décrit ainsi Abdesalm comme "un petit con de Molenbeek issu de la petite criminalité, plutôt un suiveur qu’un meneur. Il a l’intelligence d’un cendrier vide, il est d’une abyssale vacuité. Il est l’exemple parfait de la génération GTA [Grand Theft Auto] qui croit vivre dans un jeu vidéo. Lui et ses copains ont réussi à rendre antipathique toute une religion. Je lui ai demandé s’il avait lu le Coran, ce que j’ai fait, et il m’a répondu qu’il avait lu son interprétation sur Internet. Pour des esprits simples, c’est parfait, le Net, c’est le maximum qu’ils puissent comprendre."

Mais Sven Mary ne se contente pas de décrire son client. Il explique également son "malaise" de le défendre. "Les Arabes me félicitent, alors que les non-Arabes me jettent des regards haineux. C’est très malsain".

L'avocat explique encore à nos confrères français qu'il a hésité à de multiples reprises à renoncer à défendre Salah Abdeslam. "Cette défense qui ne me rapporte rien, si ce n’est des emmerdes : j’ai été agressé à plusieurs reprises, soit verbalement, soit physiquement. Deux types m’ont même attendu devant mon cabinet et il y a eu un échange de coups, mais je sais me défendre. A plusieurs reprises, la police a dû escorter mes filles à l’école."


Sven Mary prêt à travailler avec Frank Berton

Alors que Salah Abdeslam a trouvé un avocat en France pour son procès chez nos voisins et qu'il a été transféré ce mercredi matin dans l'Hexagone, Sven Mary a répondu à l'agence Belga qu'il restera son conseil. "C'est Me Berton qui reprend le dossier en France, et un autre avocat français sera désigné dans les prochains jours", ajoute Sven Mary. Ce dernier précise qu'il reste à disposition de son confrère français. "J'ai envie de travailler avec Frank Berton."

Me Mary a souligné qu'il avait accepté la mission de défendre Salah Abdeslam car il estime que "le droit à la défense est important dans un état de droit. Sinon on agit comme là-bas, où les avocats n'existent pas".

Interrogé par Belga, Sven Mary n'a par contre fait aucune déclaration concernant ses propos ci-dessus parus dans Libération. Il assure "ne pas encore avoir lu l'article".