La criminalité enregistrée à Bruxelles a globalement diminué entre 2007 et 2016 dans la capitale, malgré une hausse de 15% de la population observée sur la même période, ressort-il du rapport de l'Observatoire Bruxellois de la Sécurité et de la Prévention.

Ce document fouillé de quelque 115 pages a été présenté mardi en commission des Affaires Intérieures du parlement bruxellois. Parmi les grandes tendances observées, on constate une forte baisse des enregistrements de vols dans ou sur les véhicules (-61%), des vols de voiture (-55%) et des vols à main armée (-43%) en dix ans.

Ont par contre augmenté: la tapage nocturne, la fraude informatique, la détention de drogue et le vol de vélos.

Au niveau spatial, la dualisation de la ville sur les plans démographique et socioéconomique est perceptible également pour les phénomènes criminels analysés. La distinction qui apparait prioritairement est celle entre le centre urbain et le reste de la ville. Le Pentagone et d'autres quartiers centraux adjacents se distinguent, en effet, fortement.

Le choix de l'indicateur des faits criminels centré sur la population explique en partie ces résultats. Ce chiffre de la «population» se base sur le nombre de résidents. Celui-ci est particulièrement faible dans certains quartiers centraux, alors que la population réellement présente y est plus importante, compte tenu de l'attractivité fonctionnelle du centre (tourisme, emploi, transit,...). Cela se répercute sur les valeurs établies sur la base de cet indicateur.

Au niveau du Parquet correctionnel et du Parquet de la jeunesse, les flux d'entrée et de sortie des affaires connaissent une diminution, avec des évolutions contrastées. Classées selon leur évolution entre 2010 et 2014, la catégorie d'infractions relatives à la sphère familiale a augmenté de 113%. A l'inverse, la catégorie des dégradations connait une diminution de 51%. Les catégories les plus importantes en nombre d'affaires sont celles qui diminuent, tels la fraude, les vols et extorsions, les coups et blessures volontaires, l'ordre et la sécurité publiques, et les dégradations. Inversement, les catégories qui augmentent sont les moins importantes quantitativement. Concernant les dossiers pour meurtres et assassinats (tentatives comprises), on en dénombre 232 en 2010, 249 en 2012 et 298 en 2014.

Le classement sans suite en 2014 représente 79% des décisions de clôture dans l'arrondissement judiciaire de Bruxelles, contre 73% au niveau national. La médiation pénale finie connait une évolution positive pour l'arrondissement judiciaire de Bruxelles, passant de 0,14% en 2010 à 0,34% en 2014. Elle reste toutefois moins utilisée que dans le reste de la Belgique avec respectivement des taux de 0,33% et 0,46%.

En matière de protection de la jeunesse, le nombre total d'affaires par année enregistré dans le système informatique du Parquet de la jeunesse (PJP) montre de 2010 à 2014 une diminution de 30% des faits qualifiés infraction et une augmentation de 7% des mineurs en danger. Cela situe Bruxelles entre Anvers et Liège.

D'après les enquêtes sur le sentiment de sécurité, la grande majorité des habitants de la Région considère que son quartier est un endroit sûr pour vivre (88%), tandis que le sentiment de sécurité dans les transports en commun s'améliore également.

Enfin, les sanctions administratives communales sont de plus en plus utilisées et concernent tout particulièrement (80%) des faits d'arrêt et de stationnement non-autorisés.