La communauté juive de Belgique traverse une nouvelle tempête en ces temps troublés où il s’agit de se serrer les coudes. Le mois prochain, les associations francophones devront choisir un nouveau président pour leur coupole faîtière. Serge Rozen, qui avait été élu début mars 2015 à la présidence du CCOJB - Comité de coordination des organisations juives de Belgique - à une écrasante majorité de 92 % (!), a en effet décidé d’anticiper les prochaines élections, constatant qu’il y avait trop de dissensions et d’incompréhensions entre lui et une partie du comité directeur.

La goutte qui a fait déborder le vase est un papier à charge paru sur le site du Centre communautaire laïc juif dans lequel le président s’est fait descendre sans ménagement par des comitards restés anonymes.

Un président jugé trop individualiste

En fait, il était reproché au président actuel de manquer totalement d’esprit d’équipe mais aussi d’avoir mis à plusieurs reprises le comité directeur du CCOJB en difficulté par des initiatives non concertées. Un droit de réponse a suivi avec, en sus, les excuses du site. Il faut dire que M. Rozen a très mal pris l’assertion que "[sa] présidence chaotique a affaibli l’institution fédérative du judaïsme belge"

Contacté par "La Libre", M. Rozen explique "avoir écourté son mandat en concertation avec le conseil d’administration et donc anticipé les élections qui devaient normalement avoir lieu en mars 2018". "Je pars dans une grande mesure pour raisons personnelles parce que je serai moins présent en Belgique dans les mois à venir mais je ne nie pas qu’il y a eu des dissensions sur le mode de fonctionnement qui rendaient difficile la poursuite de mon mandat."

Serge Rozen est néanmoins globalement satisfait des contacts qu’il a pu nouer à la tête du CCOJB avec le monde politique et les médias. Et aussi de la manière dont la communauté juive a traversé la délicate période des attentats "même si la situation sécuritaire reste très difficile".

Il prend aussi acte des regrets exprimés à propos de son retrait par le Forum der Joodse Organisaties, l’équivalent flamand du CCOJB, alors que ces dernières années, les relations entre les coupoles francophone et néerlandophone furent loin d’être parfaites. "Pour une petite communauté, ces relations cordiales sont essentielles"