La présidente du CD&V Marianne Thyssen s’est explicitement déclarée lundi "candidate" au poste de Premier ministre, en marge d’une conférence de presse ce lundi après-midi. La chef de file des chrétiens-démocrates flamands n’a jamais nié la possibilité qu’elle devienne Premier ministre, mais elle a clarifié davantage la situation en reconnaissant pour la première fois qu’elle était également "candidate" à ce poste. "Je l’ai toujours dit, mais à la manière d’une femme. Les femmes sont toujours un peu plus prudentes, même si elles ont réellement de l’ambition", a commenté Mme Thyssen en marge d’une conférence de presse portant sur les propositions budgétaires du CD&V. Marianne Thyssen se dit bien consciente que c’est avant tout l’électeur qui distribuera les cartes. "Mais si la responsabilité nous échoit, je prendrai certainement ma responsabilité", a-t-elle dit. Exit Yves Leterme donc. Rappel, le Premier ministre sortant a choisi d’effectuer un "pas de côté" en laissant la tête de liste pour le Sénat à Marianne Thyssen. Mais de nombreux observateurs flamands estimaient que ce "pas de côté" - Leterme est tête de liste en Flandre occidentale - n’écartait pas un nouveau retour du Yprois au "16" après le 13 juin. En affichant ouvertement son ambition, Thyssen coupe court à ces rumeurs.

Pour le reste, le CD&V a rappelé ses exigences en matière budgétaire - c’est à la mode pour le moment, alors que l’Open VLD a fait pareil ce samedi. Le CD&V demande un équilibre budgétaire global en 2015, toutes les entités (fédéral et fédérées) devront avoir atteint l’équilibre cette année-là. En 2011, 700 millions d’euros d’économies devront être dégagées par le fédéral. La formation de Marianne Thyssen réclame des économies de l’ordre de 20,6 milliards d’euros à l’horizon 2015 pour le fédéral. Les entités fédérées devraient, quant à elles, dégager 1,7 milliard d’euros afin d’atteindre l’équilibre budgétaire. Les mesures concrètes sont à prendre, estime le CD&V, dans plusieurs domaines. Il s’agit notamment de limiter le système des prépensions, l’ajustement de la norme pour les soins de santé à la croissance économique, une réduction de 1,5 % des dépenses des autorités publiques, la traque aux abus dans le système des intérêts notionnels...