L'ancien secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken ne voit "en principe aucun problème à faire la transparence totale, même à la Chambre" sur l'affaire des visas humanitaires à laquelle son nom est associé, a-t-il indiqué sur VTM. "Je n'ai absolument rien à cacher", a ajouté le député N-VA.

L'audition de M. Francken est réclamée par des députés d'autres partis voulant connaître la manière dont lui et son cabinet géraient les dossiers de visas humanitaires de chrétiens de Syrie réfugiés en Belgique. Selon les chiffres de l'Office des étrangers, 600 personnes sont arrivées en Belgique par ce biais, dont 200 par l'intermédiaire de Melikan Kucam, un conseiller communal N-VA de Malines ciblé par une enquête judiciaire pour trafic d'êtres humains.

"Démocratiquement, ce n'est absolument pas coutumier que des parlementaires auditionnent et interrogent des parlementaires, ce n'est pas comme ça que ça marche", a ajouté M. Francken. Il rappelle aussi qu'une instruction judiciaire est en cours, mais il se dit prêt à venir s'expliquer à la Chambre.

Theo Francken affirme avoir entendu les premières rumeurs concernant Melikan Kucam en octobre. "Mais cela me semblait si improbable, d'autant que c'était 'via via'. J'ai dit alors (à son interlocuteur) d'aller en parler à la police. C'est toujours ce que je fais quand j'entends des rumeurs, même si je n'y crois pas vraiment".

De nouvelles rumeurs lui sont parvenues en décembre, "cette fois un peu plus concrètes". Il a une nouvelle fois conseillé à la personne qui lui en parlait de le rapporter à la police. Theo Francken ne pense pas qu'il aurait dû lui-même le signaler à la justice. "En tant que fonctionnaire, on est seulement obligé de le faire s'il y a des preuves concrètes. Si pendant quatre ans et demi (la durée de son mandat gouvernemental, NDLR), j'avais dû aller à la police sur base des rumeurs, j'y aurais été chaque semaine", ajoute-t-il.

La ministre Maggie De Block (Open Vld), qui a repris son portefeuille de l'Asile et la Migration, a indiqué vendredi matin que des intermédiaires avaient aussi travaillé à partir d'Alost pour des visas humanitaires. Selon M. Francken, elle insinuait de la sorte que des paiements contre visa avaient aussi été effectués dans ce cadre, ce qui serait incorrect selon lui. L'ex-secrétaire d'État rappelle en outre la présomption d'innocence dont bénéficie toujours Melikan Kucam.

Sur la VRT cette fois, M. Francken a ajouté avoir demandé en décembre à quelques-uns de ses collaborateurs de cabinet s'ils avaient des indices de fraude concernant Melikan Kucam. Interrogé sur une collaboratrice qui aurait été une proche de M. Kucam, Theo Francken dit être "sûr qu'elle n'a pas accepté d'argent pour un visa". "Je soutiens mes collaborateurs, jusqu'à preuve du contraire", a-t-il ajouté.