Belgique

Trois des 24 enfants blessés dans l'accident d'autocar survenu mardi soir à Sierre sont dans "un état sérieux" et sont hospitalisés à l'hôpital universitaire de Lausanne, a déclaré mercredi le médecin-chef urgentiste du canton, le Dr Jean-Pierre Deslarzes.

Leur état est "inquiétant", a ajouté le médecin, indiquant au cours d'une conférence de presse à Sion qu'"ils sont plus gravement touchés que les autres, avec des lésions potentiellement graves".

"Il y a donc trois blessés graves parmi les 24 enfants blessés", a-t-il dit. Dans un communiqué, l'hôpital du Valais à Sion a précisé que vingt enfants étaient hospitalisés dans le canton du Valais.

Six enfants, pris en charge à Viège, souffrent de blessures légères et pourraient, d'un point de vue médical, quitter l'hôpital dans la journée, selon le communiqué.

Plus grièvement atteints, les quatorze enfants hospitalisés à Sion sont répartis entre les services des soins intensifs, des soins continus et de pédiatrie.

A l'exception de deux blessés, tous les autres enfants ont été identifiés. Dans la plupart des cas, des contacts ont déjà été établis avec les parents, a précisé le Centre hospitalier universitaire vaudois.

La présidente suisse Eveline Widmer-Schlumpf et la délégation gouvernementale belge conduite par le Premier ministre Elio Di Rupo ont déposé mercredi soir, dans la plus stricte intimité et avec beaucoup d'émotion, des gerbes à l'endroit de l'accident d'autocar qui a coûté la vie mardi soir à 28 personnes, dont 22 enfants.

A l'abri des regards de la presse, à l'exception d'un journaliste de l'agence Belga, ils se sont recueillis face au mur vert du tunnel autoroutier, près de Sierre (Valais), où le car a terminé sa course.

Un policier suisse a fourni quelques brèves explications sur les constations effectuées, montrant l'endroit où l'autocar a commencé à dévier de sa trajectoire, le mur qu'il a heurté à l'entrée du refuge et l'autre un peu loin qu'il a fini par percuter frontalement et qui porte encore les stigmates du choc.

L'ambiance était grave dans ce tunnel désert, toujours fermé à la circulation plus de 20 heures après le drame.

Elio Di Rupo et sa délégation se sont ensuite rendus à l'hôtel où une partie des familles des victimes est hébergée

Di Rupo : "Il n'y a pas de mots pour exprimer la souffrance"

Il n'y a "pas de mots pour exprimer la souffrance" éprouvée par les parents ou la famille, quand on a perdu "un enfant", a déclaré Elio Di Rupo.

Lors d'une conférence de presse à Sion, tout près du lieu de l'accident, le premier ministre a ajouté que cette "douleur est à l'intérieur" de chaque parent et de "chaque enfant hospitalisé".

La Belgique, qui est dans un "état de consternation", veut à présent "comprendre ce qui s'est passé", a poursuivi M. Di Rupo, ajoutant que la collaboration avec les autorités suisses avait été "remarquable".

Au début de son intervention, M. Di Rupo s'est exprimé en flamand, en hommage aux victimes originaires de Flandre. Pour sa part, le président du gouvernement valaisan, Jacques Melly, a déclaré que l'accident était "un drame insoutenable" et a indiqué que de nombreux enfants étaient encore dans un état "critique".

La Suisse "va tout entreprendre pour soutenir les blessés et leurs proches, je vous le garantis", a assuré Eveline Widmer-Schlumpf, la présidente de la Confédération, au début de cette conférence de presse.

Obama présente ses condoléances

Le président américain Barack Obama a présenté mercredi ses "profondes condoléances" aux victimes et à leurs familles après l'accident d'autocar survenu en Suisse et qui a coûté la vie à 28 personnes, dont 22 enfants scolarisés en Belgique.

"Le président adresse ses condoléances les plus profondes aux victimes et à leurs familles après l'accident d'autocar survenu la nuit dernière en Suisse.

La perte de si nombreuses vies si jeunes brise le coeur", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain (NSC), Tommy Vietor.

Le bilan risque de s'alourdir

Au moins 28 personnes ont trouvé la mort dans l'accident. Parmi eux, on dénombre 22 enfants. Les deux accompagnateurs d'Heverlee (un professeur et une monitrice de ski) et les deux accompagnateurs (un professeur et un employé administratif) de l'école communale primaire 't Stekske de Lommel sont eux aussi décédés. Les deux chauffeurs du bus sont décédés dans l'accident.

Le bus déchiqueté

L'épave a été acheminée dans un hangar désert du service de l'entretien des autoroutes de Sierre, où elle est visible via des portes vitrées. Le pare-brise avant a explosé, le toit de l'autocar a été décollé et il ne reste plus qu'un invraisemblable amas de tôle, de ferrailles et de câbles électriques.

"Je suis passée sur les lieux quelques secondes après le crash"

Marielle, une Valaisanne qui partait rejoindre son travail de veilleuse de nuit, s'est confiée au site internet suisse Le Nouvelliste. Cette maman de deux enfants est donc passée dans le tunnel quelques secondes après l’accident mercredi soir. « J’ai pensé que cela venait d’arriver car j’ai vu des feuilles voler et le car a commencé à fumer», raconte-t-elle. « Il n’y avait encore personne, ni policier, ni pompier. Je me suis rendu compte que je ne pourrais rien faire seule et j’ai appelé les secours.»

AG Insurance prendra en charge l'indemnisation des victimes

La société AG Insurance indemnisera les victimes de l'accident d'autocar survenu à Sierre mardi soir, ainsi que leurs proches, dans le cadre de la responsabilité civile automobile de la société Toptours, a-t-elle indiqué mercredi.

La législation belge assure des indemnisations supérieures à la somme minimale de 220.000 euros par victime ou par proche, prévue par un règlement européen qui sera prochainement d'application, a expliqué Wauthier Robyns de Schneidauer, membre du comité de direction de l'Union professionnelle des entreprises d'assurances.

Didier Reynders: "penser d'abord à la détresse des familles"

"Ma pensée va d'abord à la détresse des familles", a dit mercredi matin le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders après l'accident de car survenu à Sierre, dans le Valais (Suisse).

Cette détresse est d'autant plus grande que plusieurs d'entre elles sont toujours dans l'incertitude sur le sort de leur enfant, a-t-il ajouté. L'identification des victimes est en effet toujours en cours.

Les Affaires étrangères organisent actuellement l'acheminement des familles belges jusqu'à Sierre; deux avions Embraer d'une capacité de 82 places sont prêts à partir pour transporter les familles. Si nécessaire, un Airbus pourrait être mis à disposition, a indiqué le ministre qui se trouve actuellement au Vietnam.

Les mutualités chrétiennes, qui ont préparé le voyage, sont actuellement en contact avec les familles pour organiser les vols vers la Suisse. Une assistance psychologique sera prévue à bord des avions, soit par les mutualités, soit par la Défense, a indiqué le SPF Affaires étrangères.

Les personnes concernées sont invitées à prendre contact avec les mutualités chrétiennes pour organiser au mieux le transport des familles.

Pour avoir des informations sur les victimes, le mieux est toujours d'appeler le numéro d'appel de la police suisse: 0041 848 112 117.

Les circonstances se précisent, des raisons encore floues

Le car, immatriculé en Belgique, avait à son bord 52 personnes, qui revenaient de vacances de neige au Val d'Anivier. Il circulait en direction de Sion (vers Lausanne). Dans le tunnel, où la vitesse est limitée à 100 km/h, il a heurté la bordure droite de la chaussée avant de percuter frontalement et de manière "extrêmement violente" le mur de béton situé à l'extrémité d'une place de secours à droite de la route.

Si les circonstances se précisent, on ignore encore les raisons de cet accident. Les chauffeurs n'ayant démarré que depuis peu, l'hypothèse de la fatigue semble peu crédible.

L'alarme avait été donnée peu après 21h15. Plus de 200 intervenants ont été engagés, dont 15 médecins, 30 policiers, 60 pompiers, 100 sanitaires et 3 psychologues. L'intervention qui a duré plus de huit heures a nécessité l'engagement de 12 ambulances et de 8 hélicoptères.

La compagnie du car avait bonne réputation

"La société Toptours, basée à Aarschot (centre), jouit d'une excellente réputation, elle a toujours respecté les règles" de sécurité, a déclaré Melchior Wathelet à la RTBF. Les deux chauffeurs, morts dans l'accident, étaient "arrivé la veille" en Suisse et donc les "temps de conduite ont été respectés", a-t-il ajouté, précisant que le car datait de 2002. Les responsables de cette société belge se refusent actuellement à réagir.

Une tragédie "sans précédents"

Au cours d'une conférence de presse tenue tôt mercredi matin, le commandant de la police valaisanne a déclaré qu'il s'agissait d'une tragédie "sans précédent".

Les services de secours se sont rendus sur place très rapidement. "Jamais ils n'avaient vu ça, ils ont été choqués", a déclaré un journaliste suisse.

Le président du gouvernement du canton du Valais Jacques Melly a fait part de son "immense tristesse" et de sa "profonde émotion".

"Ce drame va bouleverser toute la Belgique", a déclaré l'ambassadeur de Belgique en Suisse Jan Luykx, cité par l'agence ATS. Toutes les victimes viennent de deux provinces de la Belgique flamande, le Brabant et le Limbourg. "Je n'ai jamais vécu ça. L'ampleur de l'accident est difficile à digérer (...) pour le moment je me concentre sur des aspects pratiques", a-t-il ajouté, "L'émotionnel viendra lors des rencontres avec les familles".

Le SPF Affaires étrangères a mis en place un nouveau numéro d'urgence à destination des familles qui souhaitent obtenir des informations. Le 02/501.40.00 est opérationnel depuis 09h00.

La police du Valais a mis en place un numéro pour les familles des passagers: depuis la Belgique 0041/848 112.117 et depuis la Suisse 0848/112.117. La police valaisanne tiendra une conférence de presse, mardi à 15h00, à Sion. D'ici là, elle ne donnera aucun nouveau renseignement.