Le transport de marchandises par route apparaît comme un acteur de poids dans l'économie belge. Et même si les initiatives visent à en réduire l'importance au profit du rail ou de la navigation intérieure au nom de la protection de l'environnement, le secteur n'est pas près de disparaître. Voici une photographie du secteur pour bien en mesurer la taille.

1 Emploi. Le secteur du transport par route revendique plus de 85 000 emplois directs dont 59 132 ouvriers (chauffeurs, personnel s'occupant du déchargement ou du chargement des camions, logistique) et 26 622 employés (personnel administratif principalement). "Le chiffre d'affaires du secteur se monte à 45 milliards d'euros et la valeur ajoutée à 15,7 milliards d'euros", précise Isabelle De Maegt, porte-parole de la Fédération royale belge des transporteurs et des prestataires de services (Febetra). L'évolution du nombre des entreprises indique une relative stabilité passant de 8 861 à 8 873 entreprises entre 2004 et 2008. Le nombre de véhicules moteurs affiche quant à lui une légère hausse (voir infographie). "Le secteur est composé essentiellement de PME, 75 pc des entreprises ont entre un et cinq camions, ce qui explique les difficultés qu'elles rencontrent aujourd'hui", explique Michaël Reul, directeur général de l'Union professionnel du transport par route (UPTR). D'après lui, le secteur compte près de 152 000 camions de plus de 3,5 tonnes immatriculés en Belgique.

2 Part de marché. La part de marché du transport de marchandises par route tend à se réduire quelque peu, mais sur les 713 millions de tonnes de marchandises véhiculées au total en 2006 (Statbel), le secteur en a acheminé près de 68 pc, soit environ 484,95 millions de tonnes (voir répartition sur l'infographie). Le rail a transporté 62,19 millions de tonnes de marchandises en 2006 (8,71 pc des 713 millions) contre 116,44 millions de tonnes pour la navigation intérieure (soit 23,32 pc). D'après les chiffres, sur sept ans (1999-2006), le transport domestique affiche une croissance de 5,1 pc contre + 23,7 pc pour les camions venant de l'étranger, + 16,8 pc pour ceux qui sortent de la Belgique, et + 119 pc pour les camions en transit. Les prévisions au niveau européen laissent entrevoir de beaux jours à l'avenir pour le transport de marchandises par route. En effet, les chiffres européens prévoient une croissance de 55 pc pour le transport routier et + 13 pc pour le rail à l'horizon 2020.

3 Exigences des transporteurs. Les transporteurs routiers sont un des secteurs les plus touchés par la flambée du prix du pétrole. Et vu l'ampleur du phénomène, ils mettent diverses revendications sur la table. "Nous voulons l'introduction du gasoil professionnel pour l'ensemble de la catégorie, mais avec un taux harmonisé à la baisse au niveau européen. Nous souhaitons aussi une adaptation automatique des contrats de transport, car les entreprises de transport dont la plupart sont des PME sont épuisées par les négociations avec les clients pour leur expliquer pourquoi ils augmentent les prix" , plaide l'UPTR. En effet, les accises s'élèvent aujourd'hui à environ 302 € pour 1 000 litres en Belgique et 370 € en Italie. Les routiers veulent un montant inférieur au 302 € et plaident pour un remboursement de la différence si le prix à la pompe est supérieur à la moyenne européenne. "Nous demandons un délai légal de 30 jours pour le paiement des factures par les clients des transporteurs routiers, actuellement, ce délai est de 60 jours. Nous voulons aussi la suppression de la taxe énergétique, une diminution des charges de travail et une déduction pour investissement en cas d'achat de véhicules vert" , renchérit Isabelle De Maegt. Actuellement, en raison d'une double indexation des salaires (février, mai) et de la flambée du prix du pétrole, les transporteurs ont répercuté la hausse sur leurs clients et augmenté leurs tarifs de 7 à 8 pc.

4 Division sur la stratégie. Deux grandes fédérations nationales se partagent les entreprises de transport de marchandises par routes. Il s'agit de la Febetra et de l'UPTR. La première revendique environ 2 000 membres contre quelque 1 800 entreprises affiliées pour la seconde. Si les deux fédérations se rejoignent sur les revendications en faveur de leurs membres, elles divergent néanmoins sur la stratégie.

Contrairement à l'UPTR qui a appelé à la manifestation de ce mercredi, la Febetra se refuse à lancer ses affiliés dans la rue. "Manifester contre les hausses incessantes du diesel ne servira à rien, si ce n'est entacher l'image de marque du secteur. Le bon réflexe est de répercuter chaque surcoût sur le client", défend Isabelle De Maegt.