Trois bourgmestres et un vaste public

Belgique

Pierre Gilissen

Publié le

Trois bourgmestres et un vaste public
© Johanna de Tessières

On voulait se persuader qu'ils ne viendraient pas mais ils sont quand même venus : les militants du TAK. D'abord une quinzaine, plutôt silencieux, avec des drapeaux jaunes et noirs, puis bientôt une quarantaine, plus bruyants.

A 19h45, côté rue, ça chante le Vlaamse Leeuw. Côté jardin, pardon Wolubilis, la petite gayole, avec le soutien de quelques élus FDF. Entre les deux, une couche de barrières nadar, une de policiers et une de cameramen et autres journalistes. Le public rentre comme il peut. Certains s'énervent et balancent des noms d'oiseaux; d'autres sont plus rigolards : "Tubize champion, Anvers battu". Olivier Maingain reste philosophe : "Tant que ça reste bon enfant, on a déjà connu bien pire..." Un peu plus tard les Takistes entament un de leurs plus grands succès "Franse ratten, rol uw matten". ..

20h00. Deux humoristes chauffent la salle ou la font patienter, on ne sait pas trop. Ils en remettent quelques couches sur les Flamands et on n'est pas sûr que les trois bourgmestres non nommés, assis au premier rang, en demandaient tant.

Ovation debout

A 20h30, Olivier Maingain monte sur scène : "Ce sont des citoyens qui sont à l'honneur ce soir, pas des partis." Il pointe du doigt Arnold d'Oreye, François van Hoobrouck et Damien Thiéry. Enorme ovation debout pour les trois bourgmestres. "La démocratie ne se marchande pas", ajoute-t-il. "C'est pas un problème juridique ni un problème communautaire, c'est une question de droits fondamentaux."

Et de revenir sur le "deux poids, deux mesures" des bourgmestres flamands non sanctionnés pour le boycott des dernières élections, et sur les réactions des instances internationales qui s'accumulent contre la Flandre.

Vient alors une habitante de la périphérie. Flamande, 19 ans, bilingue. Elle éprouve "un vrai malaise par rapport à une certaine mentalité flamande". Cette Flandre qui "veut Bruxelles comme capitale mais ne veut pas qu'elle s'élargisse". Elle ajoute que le "waar Vlamingen thuis zijn lui fait honte". Tonnerre d'applaudissements pour elle aussi. L'habitant francophone de Linkebeek qui suit a bien du mal à ajouter quelque chose.

Viennent alors les représentants des partis. André Peeters, élu Ecolo de Wezembeek-Oppem, qui évoque l'assurance-dépendance, "qui nous attache à notre terre comme des serfs au Moyen Age". Puis CDH (Francis Delpérée) et PS réitèrent leur soutien aux bourgmestres. Et enfin, un Wallon, Richard Miller pour le MR, qui rappelle, au nom de Didier Reynders, que "une solution pour BHV ne sera trouvée que si les trois bourgmestres sont nommés".

Fourons même combat

Enfin, François van Hoobrouck, très applaudi, on s'en doute. Il salue les représentants des Fourons, "qui ont été rattachés à la Flandre contre leur gré, représentent l'attachement inébranlable des francophones à leur cause." Si les trois bourgmestres sont là, c'est "pour les droits fondamentaux de tous".

Il s'insurge contre le fait que l'on dise que les bourgmestres n'ont pas respecté la loi. "La seule loi, c'est celle de la Belgique unitaire de 63, bétonnée en 88. Pendant 40 ans, les convocations ont été envoyées dans la langue de l'électeur."

Pour lui, les circulaires "interprétatives", Peeters et autres, préparent la voie à une Flandre indépendante en contournant les lois belges. Il rappelle le rapport "accablant" de la délégation des pouvoirs locaux.

Conclusion : "Que ce qui a été dit ce soir devienne la bible des partis francophones. Pas de réforme de l'Etat sans nomination des trois bourgmestres."

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