Une petite quarantaine d'étudiants ont manifesté, vendredi à partir de 18h15, à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), pour déplorer le vote des statuts de la réforme de la gouvernance, jeudi soir, par le conseil d'administration. Après la mobilisation de la veille place Royale, aux portes du CA, quelques étudiants ont défilé sur le campus pour faire part de leur déception. Silencieux et habillés de noir, les manifestants ont feint le deuil. Un cercueil marqué d'un "L" a ouvert la marche funéraire pour symboliser l'enterrement du caractère démocratique et de l'adjectif "libre" du nom de leur université. Partis de l'entrée du campus, les étudiants sont passés par le square G des résistants pour aller se recueillir devant le rectorat.

Les manifestants du mouvement de jeunes du PTB, Comac, de l'Union syndicale étudiante et des Etudiants de gauche actifs estiment que cette réforme retourne vers l'université des doyens abolie dans la protestation de 1968. Ils déplorent que les débats soient restreints au nom de l'efficacité. "Le BEA (Bureau des étudiants administrateurs) et le corps du personnel s'étaient positionnés contre la réforme", affirme Charlie Le Paige, porte-parole de Comac. "Il a été décidé de faire voter les membres individuellement à bulletins secrets, ce qui a permis aux autorités d'emporter des voix divergentes."

Les manifestants regrettent que le CA ait condamné les violences qui ont empêché le débat démocratique à la séance reportée de lundi, sans cibler les violences policières.