Des pommes de terre ont été plantées mercredi devant le Parlement wallon à Namur à l'occasion d'une action organisée par le Réseau de soutien à l'agriculture paysanne (RéSAP). Une manière de dénoncer la politique agricole, qui privilégierait les industriels au détriment du monde paysan. Pour porter haut et fort son action, le RéSAP a pu compter sur le soutien de plusieurs politiques, qui se sont prêtés au jeu de la patate.

Parmi eux, il y avait notamment Gwenaëlle Grovonius (PS), François Desquesnes (cdH), Marc Botenga (PTB), Jordan Godfriaux (MR), Patrick Pynnaert (DéFI) et Hélène Ryckmans (Ecolo).

Chacun a également émis ses voeux pour la politique agricole afin que ceux-ci soient relayés sur le réseau Twitter.

Cette action s'inscrivait dans le cadre de la journée internationale des luttes paysannes. Environ 100 militants de 15 organisations du RéSAP se sont mobilisés mercredi devant le Parlement wallon.

Selon le Réseau, il est urgent que chaque niveau de pouvoir soutienne le développement de l'agroécologie, une agriculture respectueuse de l'environnement et de l'être humain.

Pour lui, le modèle alimentaire dominant détruit la planète et l'agriculture paysanne, chez nous comme au sud.

En outre, la réforme de la politique agricole commune (PAC) européenne devrait avoir pour premier objectif de soutenir l'agriculture familiale et paysanne, "et non l'agrobusiness qui détruit notre climat".

"On est en période pré-électorale, donc on a entendu de beaux discours", a déclaré Catherine Tellier, membre du mouvement Action paysanne, à l'issue de l'opération.

"L'abaissement du taux de TVA à 0% pour les circuits courts, le système participatif de garantie ou les aides pour les coopératives qui se lancent sont de très bonnes idées", a-t-elle ajouté. "Mais maintenant, il faut agir".

Plus tôt, la militante avait également souligné que "le choix politique de soutenir l'agriculture industrielle a entraîné la disparition de 38.000 emplois en Belgique entre 1980 et 2016". Cela, "tout en contribuant à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre."

"La diminution des coûts de production se fait au détriment des salaires décents et du respect de la nature", a également affirmé Anne-Laure Van der Wielen, de l'ONG SOS Faim.

"Les producteurs finissent par dépendre de subsides européens pour survivre", a-t-elle encore regretté. "En même temps, les producteurs du sud ne peuvent concurrencer ces produits subsidiés qui inondent leurs marchés locaux."

"Les systèmes alimentaires doivent être organisés démocratiquement, par et pour les populations locales", a aussi mis en exergue Astrid Ayral, de la Fédération unie de groupements d'éleveurs et d'agriculteurs.

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