Au centre de la colère des bagagistes : la lourdeur grandissante de la charge de travail. "Le boulot effectué auparavant par cinq personnes, doit désormais l'être par trois", résument les permanents syndicaux qui dénoncent aussi la "politique antisociale" menée par les deux sociétés de services aéroportuaires concernées par l'action de lundi. Des difficultés relayées par l'épouse d'un travailleur concerné, qui souhaite garder l'anonymat. "La direction dit le contraire, mais c'est vrai : il y a de moins en moins de gens dans ces équipes pour faire plus de travail. S'ils ont craqué maintenant c'est parce que, en vacances plus que pendant le reste de l'année, il y a encore plus de travail en plus." Cette tension énorme rejaillit, dit-elle, sur les rapports entre les membres du personnel, souvent originaires de pays aux cultures très différentes. "Alors, à cause de la pression, beaucoup de gens partent dès qu'ils trouvent autre chose."

Autre gros inconvénient : une flexibilité qui semble parfois bien attrayante mais qui se révèle souvent difficile à gérer familialement. Les équipes tournent 24 heures sur 24. Stéphane, lui, est bagagiste-tractoriste. "Si j'ai choisi ce job, c'est d'abord pour travailler à l'extérieur", témoigne-t-il. "Et aussi pour me dégager du temps libre, faire du sport." Seulement le scénario a son revers. "Nous n'avons que deux week-ends par mois en famille", reprend notre témoin anonyme. "Mais le pire c'est l'impossibilité d'avoir un agenda. Mon mari reçoit son horaire une fois par mois. Vous comprenez ? Avant le 20 août, là par exemple, il nous est impossible de réserver un chalet de vacances pour septembre."

La mission du bagagiste est de trier et d'acheminer les bagages du tapis de livraison à l'avion au départ, ou de l'avion au tapis au retour. Les formations organisées par les organismes de chômage ou les sociétés elles-mêmes sont accessibles au niveau secondaire inférieur. Le permis B et le sens de la rigueur et de l'organisation sont requis, ainsi qu'une excellente forme physique afin de pouvoir résister au poids des colis et à la météo parfois rude.

Une équipe est constituée d'un chef, de manutentionnaires et de tractoristes (ceux qui conduisent les chariots et containers de valises). Le salaire varie fortement d'une personne à l'autre, mais n'excède souvent pas le salaire minimum à l'embauche.