Hicham C., qui était membre de l'organisation aujourd'hui dissoute Sharia4Belgium, a été condamné vendredi à un an de prison et à une amende de 300 euros par le tribunal correctionnel d'Anvers pour incitation à l'émeute à Borgerhout en septembre dernier. Le prévenu, absent à son procès, a été condamné par défaut. Le 15 septembre dernier, plusieurs centaines de jeunes d'origine étrangère avaient manifesté contre le film anti-Islam "Innocence of Muslims". Cette manifestation n'était pas autorisée.

Les appels au rassemblement avaient été lancés par textos et Facebook. La police avait identifié le jour du rassemblement des membres de Sharia4Belgium. Le prévenu Hicham C. avait joué un rôle de premier plan, après l'arrestation du porte-parole de Sharia4Belgium, Fouad Belkacem. Il s'était adressé à la foule et avait incité par son discours à la discrimination, à la haine et à la violence à l'encontre des non-musulmans, qu'il qualifiait de descendants des porcs et des singes.

Un noyau dur s'était ensuite formé et des policiers avaient été bombardés d'objets. La police avait procédé à 230 arrestations administratives. Quatre jours plus tard, elle avait interpellé Hicham C. Le prévenu avait affirmé avoir cité uniquement des versets coraniques et niait avoir incité à l'émeute. Le ministère public avait toutefois fait remarquer que deux jours avant les faits le prévenu apparaissait dans une vidéo postée sur le site de Sharia4Belgium et annonçait des actions de représailles contre les non-musulmans après la diffusion du film "Innocence of Muslims". "Une pure coïncidence", selon le prévenu. Le tribunal a toutefois estimé les faits avérés.

Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme s'était constitué partie civile et a obtenu un euro symbolique. Le Centre avait initialement déposé une simple plainte contre Sharia4Belgium. Il s'était ensuite porté partie civile lorsque le parquet a lancé une procédure judiciaire contre Hicham C.

"Ce genre de propos (tenus par le prévenu) est inacceptable et ne tombe pas sous le couvert de la liberté d'expression. Il s'agit d'un des fondements de la démocratie, d'un des droits fondamentaux mais aucune liberté, même fondamentale, n'est absolue. La loi anti-discrimination n'interdit aucune opinion. Mais lorsque des mots deviennent des actes et suscitent la haine ou la violence, ceux-ci menacent cette liberté fondamentale", considère Edouard Delruelle, directeur-adjoint du Centre.

Le Centre souligne que les faits ont été correctionnalisés car il ne s'agissait pas de délits de presse mais bien de messages oraux tenus lors d'une manifestation et dans un film rendu public. Le Centre pour l'égalité des chances rappelle qu'il a déjà déposé plusieurs plaintes contre Sharia4Belgium, notamment pour des propos homophobes et incitant à la haine à l'encontre des non-musulmans.

Jeudi, le ministère public a réclamé devant la cour d'appel d'Anvers, une peine de 18 mois de prison ferme et une amende de 550 euros à l'encontre de Fouad Belkacem, l'ancien porte-parole de Sharia4Belgium. Ce dernier est poursuivi pour incitation à la haine et à la violence contre des non-musulmans via des vidéos diffusées sur internet ainsi que pour harcèlement à l'égard de Frank Vanhecke, le veuf de Marie-Rose Morel. Le Centre pour l'égalité des chances s'est également constitué partie civile dans ce procès.