De retour de Syrie, Hakim Elouassaki a demandé 100.000 euros à l'Etat belge, qui n'a pas été capable d'effectuer son analyse psychiatrique, indiquent vendredi les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad. Les avocats de l'individu ont confirmé l'information. Le jeune homme de 23 ans est parti en Syrie avec son frère en octobre 2012. Il y a été blessé à la tête en Syrie par un éclat d'obus et est retourné, grièvement blessé, en Belgique en avril 2014. Aujourd'hui, il reste à moitié paralysé.

M. Elouassaki devait comparaître l'année dernière dans le cadre du procès Sharia4Belgium, mais le tribunal correctionnel a exigé qu'il soit d'abord gardé en observation afin de déterminer l'état de sa santé mentale. Les experts psychiatriques judiciaires ont alors expliqué qu'une telle analyse serait uniquement possible dans une institution spécialisée, mais en dépit d'une loi votée en 1964, celle-ci n'a toujours pas vu le jour en Belgique.

L'individu est également en cause dans une autre enquête pour enlèvement et assassinat mais la chambre du conseil a décidé, elle aussi, de le mettre d'abord en observation.

"Cela doit se faire dans un cadre approprié, dans un centre spécialisé", explique Me Abderrahim Lahlali. "Un tel centre est légalement prévu en Belgique depuis 1964, mais n'a jamais été mis en place. En conséquence, mon client est toujours en détention préventive, dans une aile à part de la prison, où les psychiatres judiciaires ne peuvent pas l'observer et où son état mental et physique se détériore."

Les avocats de M. Elouassaki ont donc cité l'Etat belge à comparaître. "Nous exigeons 100.000 euros de dommages moraux et une astreinte de 2.500 euros par jour pour chaque journée supplémentaire durant laquelle l'Etat belge ne respecte pas la loi et ne met pas en place un centre d'observation. Il est impensable que personne ne puisse se prononcer sur l'état de santé mentale de mon client."

La citation a été introduite vendredi mais un jugement n'est pas attendu avant fin 2016.

(Photo prétexte / AP)