Une telle signature était possible "même en affaires courantes", a-t-il affirmé lors d'une brève cérémonie organisée à la va-vite à l'Ecole royale militaire (ERM) à Bruxelles. La pose de la première pierre de ce projet pharaonique est prévue "en septembre", a ajouté M. De Crem, qui agissait "au nom et pour le compte de l'OTAN".

Les travaux devraient durer jusqu'à l'automne 2015, sur le site de l'ancien quartier Roi Albert 1er (QRA), face au siège actuel, de l'autre côté du boulevard Léopold III. M. De Crem (CD&V) avait été autorisé en matinée par le gouvernement à signer ce contrat, même si la révélation du nom du vainqueur de l'appel d'offres dès vendredi matin par le journal économique 'De Tijd' risque d'entraîner des recours des cinq autres soumissionnaires au Conseil d'Etat.

L'OTAN et le gouvernement belge avaient signé le 8 décembre 2004 un accord par lequel la Belgique s'engage à assurer le management de la construction de ce nouveau siège, qui doit abriter les 4.500 personnes employées par l'Alliance et certaines de ses agences. Le financement est assuré par les 28 pays membres, mais une "réserve" existe pour faire face à d'éventuels nouveaux élargissements de l'OTAN, a assuré vendredi un spécialiste du dossier, le lieutenant-colonel Lieven Vanheste.

La Défense pilote dès lors au profit de l'OTAN la construction du nouveau siège, destiné à remplacer l'actuel, construit à la hâte en 1967, après que le président français, général Charles de Gaulle, eut décidé de se retirer de la structure militaire intégrée de l'Alliance atlantique.

Le coût de 460 millions d'euros couvre la construction du nouveau siège avec un "équipement de base" (eau, électricité, etc). Il faudra y ajouter deux autres contrats séparés, d'un montant total d'une quarantaine de millions d'euros, pour la protection électronique et pour l'équipement audio-visuel. "C'est 28% en-dessous de l'estimation", qui était voici deux ans de 650 millions, a-t-on souligné à la Défense.

Le nouveau siège sera érigé sur un terrain d'environ 40 hectares - soit l'ex-QRA mis à disposition par la Défense belge - et offrira aux 4.500 employés de l'OTAN et ses pays membres une surface brute utilisable de 250.000 m2, dont environ 120.000 m2 de bureaux. A côté du bâtiment principal où seront situés les bureaux, un centre de conférences, des facilités pour la presse et des facilités de restauration, il y aura un centre du personnel ainsi qu'un bâtiment technique hébergeant la production d'énergie, des magasins et des ateliers.

Lors de la conception des bâtiments, une attention particulière a été donnée à la sécurité, la flexibilité, la construction durable, la fonctionnalité et la maîtrise des coûts, a assuré la Défense.

La décision de construire le nouveau quartier général de l'Alliance atlantique à Bruxelles remonte à 1999 et a été confirmée à de multiples reprises depuis lors. La Belgique a offert le terrain tandis que l'organisation prend en charge le coût des bâtiments. Mais ce n'est qu'en 2002 que la décision a été prise de l'installer sur le site du QRA, condamné à fermer ses portes lors d'une énième restructuration de l'armée. Comme elle s'y est engagée précédemment, la Défense tiendra les riverains informés de l'évolution du projet.

Les travaux de construction d'un tunnel sur le boulevard Léopold III (alias A201, l'autoroute semi-urbaine qui relie Bruxelles à son aéroport international), face à la future entrée de l'OTAN, viennent pour leur part de débuter et devraient durer trois ans, selon le lieutenant-colonel Vanheste.