La cour d’assises du Hainaut a entendu lundi Simon Peterman, docteur en sciences politiques, pour évoquer la notion de crime d’honneur au procès de Mudusar Sheikh, le frère de la victime, Tariq Mahmood Sheikh et Parveen Zahidas, ses parents, et Sariya, sa sœur cadette, accusés d’assassinat avec la circonstance aggravante de crime d’honneur et de tentative de mariage forcé. Sadia avait été abattue par son frère en 2007 au domicile familial, à Lodelinsart. Pour M. Peterman, le concept de mariage arrangé n’émane pas du Coran mais de traditions archaïques. "Il est un moyen de contrôler la sexualité et l’autonomie des femmes au Pakistan." En soulignant : la femme qui refuse de conformer sa conduite à sa culture d’origine et s’y soustrait, entraîne un déshonneur grave de la famille et s’expose à des représailles. "Les pressions sociales, psychologiques, affectives et familiales conduisent les hommes à enlever, séquestrer et tuer la femme qui refuse de se plier et qui les déshonore. Il s’agit de meurtres approuvés par l’opinion puisque commis dans le respect de la tradition." L’expert ajoute qu’il incombait à Mudusar, le fils unique, avec un père restant en retrait, de rétablir l’honneur familial. L’accusé a précisé qu’après avoir longuement réfléchi, il estimait qu’il ne s’agissait pas d’un crime d’honneur, mais de déshonneur. "J’ai jeté à l’eau tous les principes d’éducation de mes parents. L’honneur, ce n’est pas salir sa famille." (D’après Belga)