Belgique

Parce qu'on sous-estime l'impact de la crise communautaire belge sur le plan international - tous les regards se tournent vers le laboratoire intercommunautaire jadis considéré comme idéal - et parce qu'il faut une équipe gouvernementale stable pour prendre à bras-le-corps les dossiers socio-économiques - ce n'est pas un hasard si on connaît le taux d'inflation le plus élevé dans la zone euro - Alain Destexhe sort du bois avec une proposition originale : le sénateur MR se demande si le moment n'est pas venu de faire appel à un... médiateur étranger. "On n'arrivera jamais à un accord avec un Premier ministre qui doit être au-dessus de la mêlée mais qui représente aussi son parti. C'est schizophrénique. D'où l'idée de confier le dossier à une personnalité non belge, acceptée par les deux parties et au-dessus de tout soupçon. Ne dites pas que c'est impossible ou vain : c'est grâce à George Mitchell, ancien leader démocrate du Sénat américain que l'Irlande du nord a pu être pacifiée avec ses accords du Vendredi saint. Je pourrais avancer le rôle de l'OSCE dans la question des minorités russes dans les pays baltes, celui du président finlandais Ahtisaari au Kosovo ou la médiation américaine dans le conflit hispano-marocain pour un îlot dans l'Atlantique. Sans parler de la longue formation du gouvernement néerlandais débloqué par un homme d'affaires d'outre-Moerdijk !"

Alain Destexhe verrait bien Knut Vollebaek jouer ce rôle. "Ce haut-commissaire norvégien de l'OSCE aux minorités nationales a déjà accompli des tâches similaires et est parfaitement indépendant . Rien à voir, par exemple, avec les missions antérieures du Conseil de l'Europe qui étaient marquées chez nous de manière très communautaire..."